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    Impact du Covid-19 sur les entreprises: Malgré le signe d’une légère reprise, le contexte reste morose

    Impact du Covid-19 sur les entreprises: Malgré le signe d’une légère reprise, le contexte reste morose

    Déclaration de l’Etat d’urgence et instauration du confinement à Madagascar au mois de mars 2020, puis assouplissement des mesures prises. Renforcement des restrictions à partir du mois d’avril dernier… Quels impact le Covid-19 a-t-il eu sur les entreprises à Madagascar ? C’est ce à quoi ont essayé de répondre les deux vagues d’enquêtes “sur les impacts de la COVID-19 sur les activités des entreprises à Madagascar” menées par l’Instat, sous l’égide du Ministère de l’Économie et des Finances, et avec le soutien technique et financier de la Banque mondiale. Présenté virtuellement, hier, la première vague d’enquête est intervenue en juin-juillet 2020, durant le confinement partiel et a concerné 943 entreprises formelle au niveau national. La deuxième a été effectué entre décembre 2020 et février 2021, et a été réalisée auprès de 1.994 entreprises formelles, toujours au niveau national.

    “Ces 18 derniers mois est une période sans précédent, la crise n’est pas encore terminée, et Madagascar n’est pas une exception (…) Des efforts ont été déployés pour obtenir des données fiables et crédibles dans plus de 60 pays dans le monde. Une troisième vague d’enquête est cours d’organisation et devrait se faire très prochainement”, a fait savoir Cristian Torres, spécialiste en secteur privé et développement au niveau de la Banque Mondiale.

    Parmi les entreprises interrogées, d’après les résultats principaux de ces enquêtes, 97% ont déclaré une baisse de revenu de l’ordre de 55% en moyenne. Ainsi, Madagascar est plus impacté que le Tchad ou encore la Tanzanie. Comparé à mai 2019, les entreprises ont perdu 56% de leurs chiffres d’affaires mensuelles en mai 2020. “Ce chiffre ne s’est légèrement amélioré que pour atteindre une baisse de 44% entre octobre 2020 et 2019”, souligne le rapport.

    Le secteur du tourisme, la construction, les transports et l’entreposage sont les plus touchés. Globalement, les entreprises ont perdu en moyenne 13% de leurs employés permanents entre janvier et juin 2020, et 4% supplémentaires entre juin et octobre 2020. En outre, la capacité d’adaptation des entreprises dépendait beaucoup des activités et surtout de la taille de l’entreprise en soi. Cette enquête le démontre. En effet, les plus grandes entreprises ont opté pour les outils numériques, notamment dans le basculement en télétravail, tandis que d’autres, plus vulnérables, n’ont pu recourir à ces solutions d’après cette étude.

    Le Covid-19 et les restrictions prises par les autorités a en outre engendré une baisse de revenus pour la majorité des entreprises. En revanche, si seulement 27% ont pu fonctionner normalement, lors de la vague 1 de l’étude, ce chiffre monte à 87% pendant la vague 2, signe d’une certaine reprise quoique le contexte soit toujours aussi fragile.

    En pareille période de crise, le fait de s’endetter s’avère une alternative incontournable que ce soit pour un pays ou une entreprise. Ainsi, “15% des entreprises soit 37% des entreprises ayant des prêts en cours ont dû en ajuster les termes de remboursement ou le calendrier. Les entreprises de taille moyenne étaient les plus touchées”, révèle l’enquête. Toutefois “les entreprises ont reporté des améliorations dans leurs trésoreries. Les fonds internes pouvaient couvrir les dépenses en moyenne pendant 16 semaines dans la vague 2”.

    Quid des aides de l’Etat ?
    L’Etat a, certes, pris ses responsabilités afin de venir en aide au secteur privé. Une seule rencontre a eu au palais d’Iavoloha le 17 juin 2020. Le Plan multisectoriel d’urgence est sorti peu de temps après mais les opérateurs regrettent que sa mise en œuvre laisse à désirer. Cette étude montre que 7% des entreprises ont pu bénéficier d’une aide publique lors de la première vague de cette enquête, contre 37% au cours de la deuxième. Mais le problème est, à ce niveau, le manque de communication quant aux aides proposées par l’Etat ou alors, les informations ne sont ni précises, ni détaillées.

    Tiana Ramanoelina

    Jean Michel Ramaroson, vice-président du Fivmpama :
    “La situation pour les PME est plus grave, même si les chiffres sont optimistes. Pour le tourisme, c’est une catastrophe ! La situation du secteur des transports s’avère tout aussi préoccupante car celui-ci s’est longtemps retrouvé sous le coup des restrictions. N’oublions pas non plus le secteur de l’événementiel et de la culture. Il faudrait plus aller en profondeur, mais également mesurer l’impact de la crise sanitaire sur la productivité et le bien-être des salariés (…) Les communications sur les aides de l’Etat ne sont pas claires : comment s’y prendre ? Les appuis sont-ils suffisants et adaptés à chaque secteur ? Le secteur privé attendait beaucoup des subventions, il n’y en a pas eu beaucoup (…)”.

    Gédéon Rajaonson, membre du Groupement des Entreprises de Madagascar :
    “On ne parle pas des industries qui ont tout de même subi un choc. Il aurait également fallu prendre en compte la mise en œuvre de PMDU. En somme, on attend surtout la troisième vague de l’enquête. Le GEM et tous les autres acteurs ont tablé sur la relance de l’économie, mais on constate aussi que le rythme de sortie de la crise sanitaire a été quelque peu ralenti. La reprise n’est pas encore tout à fait là. Nous ne critiquons rien, on espère juste que le dialogue public-privé puisse se tenir sur la base de chiffres plus actuels”.

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