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    « Better World Fund » au dernier festival de Cannes: le « Vita malagasy » mis à l’honneur

    « Better World Fund » au dernier festival de Cannes: le « Vita malagasy » mis à l’honneur

    Madagascar a bien été représenté lors du dernier festival de Cannes qui s’est tenu du 6 au 17 juillet dernier. Made For A Woman a représenté la Grande île à travers la diffusion d’un film documentaire intitulé “The Raphia Journey” réalisé par Geoffrey Gaspard, un réalisateur originaire d’Antsiranana. Un fashion show a également été donné, avec un défilé de produits en raphia dessinés et confectionnés par un styliste malgache.

    Eileen Akbaraly, fondatrice de Made For A Woman a gagné le prix “Best commitment” lors du Better World Fund. Fondé il y a environ deux ans, Made For A woman, fabricant d’accessoires de luxe pour femmes basé à Antananarivo, compte 16 collaboratrices. Mais pendant la phase de production, 200 femmes rejoignent l’atelier pour boucler les commandes. Toutes les employées, y compris les prestataires, reçoivent complémentaire gratuit comme des cours de français, des cours d’hygiène, de développement personnel entre autres. L’atelier dispose aussi d’une garderie pour les enfants et les femmes bénéficient d’un repas gratuit tous les jours. Fabriqué à partir des raphias de Madagascar, les accessoires sont exportés vers les plus grands show-rooms au monde et s’exposent aux côtés des plus grandes marques.
    Grace à sa collaboration avec Made For A Woman, Michela Ramitomboson, styliste et créatrice de la marque “My Mitoo” a vu l’un de ses plus grands rêves se réaliser au cours de cet évènement. En effet, elle a dessiné et confectionné les robes présentées lors du fashion-show de l’évènement.

    “Lors de mon dernier shooting à Antsiranana avec Geoffrey Gaspard, Eileen Akbaraly a vu mes créations. Elle m’a proposé une collaboration artistique, ce qui m’a tout de suite emballé puisqu’elle sait mettre en valeur les créateurs malgaches en même temps que ses propres produits”, se souvient Michela Ramitomboson. “Pour son défilé au Festival de Cannes, elle m’a donc donné l’opportunité de créer une robe”, poursuit-elle. Pour ce faire, Michela s’est inspirée de la collection de sacs, de chapeaux et de différents accessoires de Made For A Woman. “J’ai vu les couleurs, les modèles et j’ai été séduite par un sac qui m’a directement fait penser à une robe. Je me suis basée là-dessus pour esquisser les modèles,” relate la styliste.

    My Mitoo, entre tradition et modernité
    Au départ, Michela a remporté le deuxième prix de la première édition du concours “Festival des arts métisses” à Sainte-Marie (Madagascar) en juillet 2014. L’univers de la mode lui a alors ouvert ses portes et depuis, sa vie a changé. “J’ai grandi, j’ai évolué mais mon univers reste le même, entre tradition et modernité. Nous avons un savoir-faire inépuisable, une faune et une flore endémiques, des paysages magnifiques… Je suis fière de mes origines, d’être née en pleine brousse, dans la végétation, et de vivre à la croisée de plusieurs cultures. Je m’inspire de tout cela !”, expose-t-elle. Autant de sources d’inspiration que la jeune femme mobilise pour donner naissance aux pièces et articles de mode qu’elle crée. De plus, les créations de My Mitoo s’inscrivent dans une démarche éthique et écologique puisque la marque récupère et utilise les chutes de tissus venant des entreprises textiles basées à Madagascar, c’est ce que l’on appelle de l’upcycling. La créatrice tient également à ce que ses vêtements incarnent un esprit « chill », à la fois classe, élégant, confortable et résolument féminin. “J’ai envie de réveiller la fierté des Malgaches. Je ne veux pas que les gens soient forcés d’acheter des marques locaux, c’est donc à moi de proposer des créations vita malagasy qui soient à la hauteur, voire meilleures, que les produits internationaux”, s’enthousiasme-t-elle.
    Pour Michela Ramitomboson, voir sa robe sur le tapis rouge du Festival de Cannes constitue un nouveau départ. “Je me sens encore toute petite dans cet univers. Mais je suis fière et j’espère que les Malgaches aussi. Je trouve cela encourageant qu’une personne qui a vécu toute sa vie à Madagascar, qui n’a pas vraiment pu faire de grandes études, trouve son chemin pour participer à un défilé au Festival de Cannes. C’est incroyable !”. La styliste aimerait ainsi pouvoir inspirer des gens. “Bien sûr, je crée pour les Malgaches, pour le local. Mais avec le Festival de Cannes, je commence de plus en plus à me dire qu’un horizon international peut être atteint. Ce sera mon prochain challenge”, conclut-elle.

    Tiana Ramanoelina

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