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Mercredi des idées en goguette: Dérapages incontrôlés

Les routes ont de nouveau recommencé à tuer. Et cette fois de manière régulière. A tel point que l’on a l’impression qu’à cette allure, les accidents de la circulation rivalisent avec le Covid-19 en termes de dangerosité. Au temps fort de la deuxième vague, le taux de mortalité a considérablement augmenté malgré l’état d’urgence et le dispositif de sécurité sanitaire mis en place. Les confinements de fins de semaines successifs sont finalement venus à bout de la flambée épidémique et permis la levée de certaines restrictions, notamment celles touchant les déplacements en régions. Mais une fois les routes nationales rouvertes vers le début du mois de juin, les accidents n’ont pas discontinué et tapissent régulièrement les unes des journaux et les réseaux sociaux, faisant de nombreux morts et blessés, parfois dans des formes graves. Collisions, sorties de route, tonneaux, des piétons percutés… Les accidents revêtent de nombreuse formes et les avis divergent tout autant en ce qui concerne les causes. Il y a ceux pour qui c’est une fatalité, quel que soit le niveau de vigilance du conducteur. C’est le destin, ce qui doit arriver arrivera et advienne que pourra. La faute à pas de chance en quelque sorte. Pour d’autres, c’est le mauvais état des routes, les lacunes touchant les infrastructures, bref la responsabilité des autorités responsables en matière de travaux publics et d’entretien routier. Pour beaucoup, il n’est jamais question d’inattention, de problèmes comportementaux, d’excès de vitesse, de défaut d’entretien, avec par exemple des freins défectueux ou des pneus usagés… Un véritable délit de fuite de responsabilité s’il en est. Même topo notamment dans la capitale où bon nombre d’usagers des rues se lancent dans une certaine course à la médiocrité et au non-respect des lois quand les automobilistes, motards et scootéristes ainsi que les piétons et marchands des rues s’empiètent les uns sur les autres, n’en finissent pas de se rejeter les torts. On met la pauvreté à toutes les sauces pour justifier les infractions commises. Les efforts d’intégration des marchands de rue au sein du nouveau marché de Behoririka devraient, avec la collaboration des concernés et des consommateurs, améliorer grandement la qualité de la circulation sur cet axe.

 

Sévices publics

Pour sûr, en l’état actuel des choses,  la gabegie règne en maître pratiquement sur toutes les routes et dans chaque rue et ruelle de la capitale. Il n’est même plus question de période de fêtes, d’heures creuses ou de pointe, les embouteillages sont désormais quasi-permanents. Et les attitudes des conducteurs de taxi-be, du moins un certain nombre d’entre eux, n’arrangent pas les choses. Entre les infractions au Code de la route, les comportements inciviques, le non-respect des termes du Cahier des charges dont le trajet normalement desservi… Les usagers recommencent à hausser le ton et d’innombrables plaintes se sont fait jour à propos des “tapa-dalana”, de taxi-be roulant à tombeaux ouverts et à l’origine d’accidents, d’injures voire des violences physiques envers des passagers… Tout y passe. La mise en place de GPS à bord de quelques véhicules a eu pour vocation de couper court à ces entorses, notamment à travers un système de limitation de vitesse et de contrôle des arrêts. Mais l’initiative ne concerne pas encore un nombre assez conséquent de taxi-be et n’est sans doute pas assortie de mesures assez dissuasives pour avoir l’effet escompté.

Quoi qu’il en soit, ces vicissitudes liées aux transports publics, qui constituent un service public par excellence mais que l’Etat n’a pratiquement jamais pu assurer, constituent les conséquences de leur concession à des opérateurs privés dont certains sont plus tournés vers le profit que la qualité. Et au final, ils sont devenus des sévices publics. L’entrée en circulation imminente des “Bus class” devrait quelque peu inverser la tendance en améliorant et en diversifiant l’offre soumise aux usagers. Le chantier s’annonce colossal en matière de réhabilitation d’infrastructures routières, de renouvellement ou de mise aux normes du parc roulant, de désengorgement des rues, de mise en place de nouveaux plans de circulation… Mais comme à l’accoutumée, le plus dur sera sans nul doute le changement des mentalités.

 

N.R.

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