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Ida Pfeiffer: voyage à Madagascar (24)  

 

La Haye (quatre-vingt mille habitants) n’a pas l’air aussi antique qu’Amsterdam et est beaucoup plus propre, ce qui vient particulièrement de ce que La Haye est moins une ville de fabrique et de commerce que ne l’est Amsterdam. Elle est coupée, comme toutes les villes de Hollande, par de nombreux canaux. La Haye est le siège du gouvernement, de la cour et des ambassadeurs étrangers. Le roi possède quelques palais, mais ils ressemblent à de beaux hôtels particuliers et ne se distinguent ni par leur grandeur ni par leur architecture. L’ancien château servant autrefois de résidence, également situé dans la ville, forme une citadelle, construite sur un rempart assez bas et entourée de fossés pleins d’eau. Ses sombres portes, sa tour, et surtout la couleur rouge brun foncé dont il est tout entier recouvert, lui donnent un grand air d’antiquité.

Quant aux églises, il n’y a pas grand’chose à en dire. La cathédrale est un très beau monument, mais défiguré par les nombreuses petites maisons construites alentour.

La galerie de tableaux, portant le nom de musée, doit particulièrement sa célébrité à deux tableaux qu’on compte parmi les principaux chefs-d’œuvre de l’école flamande : un groupe d’animaux de grandeur naturelle par Paul Potter, et la Leçon d’anatomie par Rembrandt.

Le groupe d’animaux est peint avec un naturel, une chaleur et une vigueur de pinceau dont rien n’approche ; le taureau, la vache, les brebis, le pasteur ressortent avec tant de vie, qu’en regardant le tableau quelque temps on est étonné de voir tout rester tranquille et ne pas se mettre en mouvement.

La Leçon d’anatomie est un tableau non moins distingué dans son genre, seulement le sujet me parut moins agréable. Le chirurgien dissèque un cadavre. Il vient d’ouvrir la main et le bras assez avant pour qu’on voie le système des nerfs et des veines, et il est en train de l’expliquer à l’auditoire qui l’entoure. Le sang-froid du chirurgien, pour qui naturellement cette occupation n’est pas nouvelle, l’attention des auditeurs, attachés exclusivement les uns aux paroles du chirurgien, et les autres aux parties disséquées, sont rendus avec une vérité indescriptible ; autant que j’en puis juger, c’est le tableau le plus parfait du grand peintre.

www.bibliothequemalgache.com

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