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Ida Pfeiffer: Voyage à Madagascar (23)

Cette coiffure, sans doute inventée jadis par quelque grande dame qui avait perdu ses cheveux, mérite en tout cas une description détaillée. Elle se compose d’abord d’un cercle d’or qui fait tout le tour de la tête ; par devant, sur le front, il peut avoir trois centimètres de large ; par-derrière il en a plus de cinq. Ce cercle est ensuite surmonté d’une coiffe blanche descendant très bas sur le front et garnie de dentelles largement plissées. Par-derrière, un large bavolet en dentelles tombe sur les épaules. Sur les tempes pendent des plaques d’or artistement travaillées, de deux à trois centimètres de long, qui me firent l’effet, qu’on me pardonne la comparaison, des œillères que portent les chevaux, et d’où pendent, au-dessus des yeux, trois petits glands de soie. Cette coiffure manque vraiment tout à fait de goût ; son seul avantage est de n’être soumise à aucun caprice de la mode. Elle revient d’ordinaire à soixante ou quatre-vingts florins de Hollande ; aux riches qui y attachent des perles et des pierres fines, elle coûte plusieurs centaines de florins ; mais elle se transmet de génération en génération jusqu’aux arrière-neveux.

Beaucoup de femmes, pour sortir, mettent encore par-dessus ce charmant bonnet une haute coiffe en paille, avec un large rebord d’étoffe noire relevé par devant et par-derrière. Elles appellent cela un chapeau. Ce qui me surprend le plus, c’est que des demoiselles et des dames à qui la nature a donné de très beaux cheveux se soumettent à cette mode ridicule. Ce ne doit nécessairement pas être par coquetterie.

Le reste du costume des femmes n’offre rien de particulier. Le dimanche, elles portent généralement des robes en mérinos noir. Le beau monde s’habille comme partout. J’ai même vu plus d’une bourgeoise rendre hommage à la mode en mettant un chapeau moderne par-dessus son bonnet hollandais.

Le lendemain, M. van Rees, mon cicerone infatigable, me conduisit à La Haye dans sa famille.

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