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Ida Pfeiffer: Voyage à Madagascar (21)

Les maisons sont généralement construites en bois et peintes à l’huile ; les toits sont couverts de tuiles vernissées, les fenêtres ornées de beaux rideaux ; les serrures et les boutons des portes sont aussi polis et luisants que si l’on venait de les poser. Toutes les maisons sont entourées de petits jardins, et chacune a trois portes, mais dont l’une ne s’ouvre que dans les circonstances les plus solennelles : quand deux fiancés se rendent à l’église pour la bénédiction nuptiale, quand l’enfant est porté au baptême, et quand l’homme échange sa demeure terrestre contre un autre monde. Cette singulière coutume ne règne que dans ce seul village. Quant aux deux autres portes, l’une sert à l’usage ordinaire des gens de la maison, l’autre conduit aux étables, qui occupent une partie du bâtiment.

Les rues sont assez étroites et bordées de palissades en bois ; derrière les maisons est un espace réservé pour ramener le bétail et rentrer le foin. Les rues sont si bien lavées et balayées que, bien qu’elles soient toutes bordées d’arbres, on ne voit pas la moindre feuille par terre. Je crois que, en dehors des vaches et des bœufs, ces gens ne veulent avoir aucun bétail, pour que les rues ne soient pas salies. C’est ce que j’appelle pousser la propreté un peu trop loin !
Nous entrâmes dans quelques maisons ; les chambres étaient décorées et ornées avec la plus grande élégance, les parquets couverts de tapis ou de nattes, et les meubles si polis et si brillants qu’ils avaient l’air tout neufs, quoiqu’à en juger par leur forme ils dataient pour le moins du siècle dernier. Tout décelait l’aisance ; partout il y avait de riches armoires, dont les glaces laissaient voir des objets de luxe, surtout de belles porcelaines, la plupart de la Chine et du Japon. On ne voyait pas de lits ; chaque chambre est munie de sortes d’armoires ou de bahuts qui tiennent lieu de lits. Partout il y a de grandes provisions de linge et de literie. Le plancher des appartements n’est jamais foulé par les souliers. Le paysan hollandais, comme les Orientaux, laisse ses souliers devant la porte.

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