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    Henry Douliot: journal du voyage fait sur la côte ouest de Madagascar (151)

    En coupant un rameau fleuri de ce petit arbre, aux feuilles argentées, j’ai vu sortir un suc laiteux, blanc, comme celui du lombiro, et j’ai eu le frisson sacré qui avertit les chercheurs quand ils font une découverte. En retournant au village, je cueille encore d’autres plantes aux brillantes couleurs et je marche négligemment comme si de rien n’était.

    En passant devant la case de Fatoma, je vois trois masy qui font le sikily et se consultent. Fatoma est là avec son mari. Je vais m’asseoir à côté d’elle et je pose à ses pieds mon bouquet.

    « Qu’est cela ? me dit-elle.

    — Je ne sais, ce sont des plantes de la montagne.

    — Emporte-les. »

    Elle a reconnu le kisompa. Rentré chez moi, je jette les plantes sur mon kibany et un Sakalava s’écrie : « Il les a toutes, jusqu’au kisompa. » Je lui tends une fleur quelconque : « Est-ce celle-là ? — Non, c’est celle-ci. » Mon petit frisson ne m’avait pas trompé. Il n’en faut pas plus pour me consoler de beaucoup de déboires.

    Ce qui sert de poison d’épreuve ce ne sont ni les feuilles, ni les fleurs, mais les racines. Le lendemain je prends ma pioche et je retourne au ravin ; je déterre l’arbuste ; ses racines sont renflées comme celles du manioc, brunes à l’extérieur, blanches au dedans et gorgées de latex. Je prends tout indistinctement et j’en fais un paquet. Quand un prince cueille du kisompa, il fouille à l’est du tronc en disant : « Je cueille le kisompa et ce n’est pas sans but ; je le cueille pour rendre la justice, pour servir d’épreuve. Si quelqu’un est accusé de sorcellerie, qu’il meure après avoir bu ; s’il n’a commis qu’une calomnie, qu’il ait la vie sauve. » On ne fait pas une infusion de kisompa ; lorsque les racines sont sèches on les réduit en poudre en les usant sur une pierre dure, se tournant vers l’est pendant qu’on les râpe et prononçant des paroles sacramentelles.

    Pendant la nuit du 3 au 4 mai, j’ai bien mal dormi. L’enfant du masy, né la veille de notre arrivée, est malade ; il a une conjonctivite et pleure continuellement.

    www.bibliothequemalgache.com

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