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Recyclage des bouteilles en plastiques: “Il y a trop de plastique partout”

Recyclage des bouteilles en plastiques: “Il y a trop de plastique partout”

La Grande Île subit déjà le plastique. Même si cette matière étrangère reste cantonnée pour le moment aux grandes et moyennes villes ouvertes au monde extérieur, précisément, ces quelques endroits croulent déjà sous des montagnes plastique de bouteilles, d’emballages… C’est le cas par exemple à Sainte-Marie, île touristique de la côte Est.

“Il y a trop de plastique partout. La Grande Île dispose d’une nature très riche mais on va tout détruire si on continue, s’indigne Gaëlle Randriamanana, directrice d’Ecocity. A Tana, il y a déjà plusieurs années que les bouteilles plastiques finissent dans les canaux et les bouchent. C’est justement pour remédier à cela qu’on existe.”
Son engagement vient avant tout d’une comparaison avec l’étranger. “On est très sensibilisés grâce à nos voyages, précise-t-elle. On voit comment font les gens pour recycler. En tant que Malgache, je me suis dit qu’il faut faire quelque chose. Ce n’est pas dans nos mœurs de trier les déchets et encore moins de les recycler. Mais il faut commencer tout de suite car Antananarivo est déjà pollué.”

Alors, Ecocity a inventé une solution simple : l’entreprise installe un fût, un gros cylindre d’1,8 mè-tre hauteur et de 65 centimètres de diamètre, au sein même d’entreprises clientes.
L’appareil compacte les bouteilles en plastique et les canettes en aluminium, et les stocke en attendant un recyclage futur.
Le projet Ecocity comporte aussi un volet sensibilisation. “Quand on place Ecocity dans une société, explique Gaëlle Pless, on dispense également une formation aux collaborateurs, avec Martine Lecoq, la fondatrice. On explique comment et pourquoi recycler. On explique le fonctionnement du fût mais aussi notre méthode et notre démarche d’ensemble.” Ecocity cible des gran-des entreprises comme les call centers qui consomment beaucoup de bouteilles plastiques. Mais Ecocity peut s’implanter dans toutes les sociétés, même les petites structures.

La société cliente signe, en parallèle, un partenariat avec la coopérative “Fanavotana” de l’Associa- tion ADDEV, qui emploie 72 femmes vulnérables vivant dans des situations très précaires. Ces femmes viennent alors ramasser régulièrement les bouteilles compactées et les revendent à la société Adonis, spécialisée dans le recyclage et la dépollution. Les femmes empochent ainsi un revenu.

Enfin, la société Adonis transforme les bouteilles compactées en copeaux de quelques millimètres, et les envoie à l’étranger pour achever leur transformation.

“Ici à Madagascar, on ne dispose pas encore d’usine de recyclage, et c’est pour cela qu’on doit tout exporter”, regrette Gaëlle Randriamanana. “Les copeaux seront transformés en banc en plastique, en tee-shirt de sport, en bouteilles, ou encore en flacon de shampooing…. Si vous remarquez sur certains flacons, il est parfois écrit : plastique recyclé”, poursuit-elle.
Ecocity se montre ambitieux pour l’avenir. “A terme, reprend l’entrepreneur, comme on travaille avec la société réunionnaise AC2V qui œuvre dans la revalorisation de tous les déchets, on aimerait implanter le même système ici à Madagascar. Pour l’heure, on travaille uniquement sur les bouteilles et les canettes.”

Comment entreprendre en pleine crise ? “C’est très difficile de montrer une entreprise surtout en plein crise sanitaire. Pour notre part, on a vendu notre premier fût Ecocity au mois de mars 2020… Nous avons subi le confinement seulement deux semaines après notre première vente”, se souvient Gaëlle Pless.

L’entreprise a profité de cette période difficile pour continuer ses prospections… Mais à chaque fois les sociétés sollicitées refusaient, arguant que l’heure n’est pas encore à protéger l’environnement mais plutôt à survivre à cette crise mondiale. “Cette année, j’ai relancé les prospections, reprend la fondatrice. Les entreprises sont vraiment conscientes du fait que l’écosystème est en train de se détériorer… Mais il faut investir des moyens et c’est pour cela qu’elles mettent un peu du temps”, expose-t-elle.

Ecocity ne compte que trois collaborateurs… “On est encore une petite structure mais on vise un échelon national. Pour cela, on aimerait beaucoup que la Commune Urbaine d’Antananarivo y participe car elle seule gère les déchets dans la ville, lance la fondatrice d’Ecocity. On les a déjà contactés, et ils sont intéressés. On va amorcer le projet.”

Tiana Ramanoelina

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