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Finances publiques et soutien à l’économie: le ministre des Finances rend sa copie pour 2020

Finances publiques et soutien à l’économie: le ministre des Finances rend sa copie pour 2020

Que s’est-il bien passé en 2020 ? L’année figure sans nul doute parmi les plus difficiles depuis la naissance de l’Etat moderne de Madagascar en 1960. Frappés par le Covid, les mesures sanitaires de confinement et donc la réduction volontaire de l’activité, l’économie malagasy et les Malagasy souffrent. Et 2021 ne sonne pas, pour l’heure, la fin des soucis…

C’est dans ce contexte que le ministre de l’Economie et des Finances, Richard Randriaman- dranto, a rendu aux députés sa copie pour 2020, mardi 8 juin. Il a présenté le rapport d’activité de son ministère, doté d’un budget de 3 000 milliards d’ariary, le plus important de l’Etat. Les infos de la présentation ne portent que sur 2020 et pas sur le début de 2021.

La présentation de ce rapport d’activité prépare la Loi de finance rectificative pour 2021. Le texte doit être adopté durant la session parlementaire actuelle qui se termine à la fin du mois de juin. Le mouvement Rohy de la société civile s’est d’ailleurs déjà plaint du retard de publication du texte…

Les Nouvelles se sont penchées sur le rapport du ministre. En voici les points saillants.

Des objectifs d’imposition remplis
En 2020, les autorités sont parvenues à collecter 2 663,39 milliards d’ariary de recettes fiscales, pour une prévision annuelle de 2 757,02 milliards d’ariary selon la Loi de finance rectificative 2020, soit 93,4%. Du côté de la douane, les recettes en 2020 ont atteint 2 187,37 milliards d’ariary, sur une prévision de 2 200,2 milliards, soit un objectif rempli à 99%.

Point négatif, l’objectif de TVA n’est rempli qu’à 82%, alors que c’est la principale rentrée d’argent de l’Etat avec 892,88 milliards d’ariary de recette sur une prévision de 1 080,81 milliards. En cause : le ralentissement de l’activité économique qui a causé une chute des ventes des biens et services et donc une baisse des entrées de TVA.

Plus de contribuables !
Même en période de pandémie et de crise économique, l’Etat vise à augmenter le nombre de contribuables. En 2020, Madagascar comptait 455 206 contribuables actifs dont 100 773 nouveaux, soit un tier de plus qu’en 2019. Cette performance a été possible en partie grâce à la construction de 6 centres fiscaux et grâce au programme “Anjara Hetrako”, en novembre et décembre 2020. Il s’agit d’une campagne de sensibilisation sur la fiscalité, menée dans les régions Analamanga et Atsimo Andrefana. Les autorités auraient ainsi récupéré 429,04 millions d’ariary et distribué 17 880 cartes fiscales. Un montant certes modeste en argent mais qui encourage les entrepreneurs à se formaliser. Le ministre a d’ailleurs publié un ambitieux objectif de 1 250 000 contribuables pour 2021, et 2 000 000 en 2023. “La relance n’est pas encore intervenue et on veut déjà identifier davantage de contribuables, proteste un économiste. Cela interpelle car on estime que ce n’est peut-être pas le bon moment même si l’Etat doit impérativement élargir l’assiette fiscale, aussi.”

Absence de plan de soutien au privé
La dernière slide de la présentation illustre les efforts fournis par le gouvernement pour aider le secteur privé à surmonter la crise. Mais les mesures se résument en fait à des allégements fiscaux et des reports d’échéances. Ce qui ne règle pas le fond du problème… Les opérateurs économiques n’ont eu d’autres choix que de payer certaines taxes et impôts à la fin de l’année. “Ces mesures ne permettent pas de régler notre problème de trésorerie”, lance un président d’un groupement qui a tenu à rester anonyme.

Certains opérateurs du tourisme demandent même l’annulation de tous les impôts et taxes, compte tenu du fait que le tourisme est à l’arrêt depuis 2020. “On est abasourdis, renchérit un professionnel du secteur. On doit tout payer alors qu’on ne travaille pas depuis plus d’un an. Les mesures prises ne sont pas logiques.”

Exécution du budget à l’approche des fêtes
Les organes de l’Etat exécutent la majorité du budget en fin d’année. Au mois d’octobre, seulement la moitié des dépenses prévues avaient été engagées : 47% pour l’investissement interne et 46% pour les dépenses de fonctionnement. Le rattrapage pour arriver à plus de 95% s’est fait sur les derniers mois de 2020. Parmi les institutions les mieux servies figurent le ministère des Affaires étrangères avec un taux d’exécution de 119% par rapport à la LFR (pour un budget de 22 milliards d’ariary) et l’Assemblée nationale avec 114% (sur 52 milliards initialement prévus).

Les infrastructures
Le ministre Richard Randriamandranto a rappelé que l’Etat a bâti certaines infrastructures comme des salles de classes ou des portions de route : “Réhabilitation d’une route communale Ampefy de 3,2 milliards d’ariary” ; “Les travaux de construction d’une EPP à 3 salles de classe, avec latrines.” Un diplomate étranger en poste à Madagascar s’interroge : “Est-ce vraiment au ministre des Finances d’aller annoncer des réalisations aussi mineures devant les députés ?”

Les dépenses Covid demeurent les oubliés des engagements
Seulement 16% des dépenses Co-vid ont effectivement été payées, à la date du 18 février 2021, selon un tableau publié dans le rapport. Soit 152 milliards d’ariary déboursés sur un montant total d’engagement de 941 milliards… On retrouve aussi la subvention Jirama de 845 milliards d’ariary qui a été bien déboursée, elle. La somme a été versée sans concertation avec les partenaires financiers au premier rang desquels le FMI et la Banque Mondiale. Le gouvernement s’est d’ailleurs engagé avec le FMI, dans le cadre du nouveau plan d’aide, à ne plus entreprendre des dépenses aussi importantes pour la Jirama sans concertation.

Tiana Ramanoelina et Emre Sari

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