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Chronique: faire carême avant Pâques

La mémoire n’a pas manqué de saluer les fêtes , Pâques , Pentecôte, fête des mères, mais ni le cœur ni l’esprit n’ont été pour les célébrer par des manifestations de réjouissance, mais ce sont surtout les moyens qui ont fait défaut, interdisant à la majorité de se livrer aux petites fantaisies habituelles des lundis de Pâques et de Pentecôtes ni même d’exprimer par des cadeaux simples babioles symboliques la profonde gratitude que chacun porte à sa maman. Bourse plate ne signifie pas pour autant cœur sec. Il en sera pour la fête nationale dans pas très loin, le 26 Juin. Fête de l’Indépendance ! Indépendance, mot magique, il suffit que l’on en parle pour que ça fait boum-boum dans la majorité des cœurs, et ce encore plus quand arrive le 26 Juin. Que peut bien donc traduire ce boum-boum pour que ça tambourine ainsi à chaque anniversaire depuis 60 ans. Les premières fois, sûr que l’indépendance retrouvée éveillait un grand sentiment de fierté, mais depuis il est possible que le boum-boum constitue une manière de faire toc-toc à la porte des consciences pour essayer de les éveiller à rendre des comptes. Soixante ans, c’est bien joli, mais de cette indépendance qu’en a-t-on fait de bon pour le pays ? Certes en premier lieu frappe de plein fouet tous ceux qui ont participé de loin ou de près à l’administration du pays, sans que cela libère chaque citoyen de ses responsabilités en raison de son appartenance à la nation. Un examen de conscience prête souvent à se culpabiliser, aussi  souvent il se trouve que nombreux éprouvent la nécessité de se défausser de la responsabilité en chargeant autrui.

Cette année, coronavirus oblige, sans être condamné à la tristesse pour autant, on se trouve réduit  à célébrer la Fête de l’Indépendance de manière réservée voire sévère, ni liesses populaires ni cérémonie réunissant grande foule, respect des mesures barrière faisant priorité. Comment mettre à profit ces circonstances,, de façon à ne pas les subir comme s’il s’agissait de sanctions, mais à l’inverse pour en faire l’occasion de prendre un nouveau départ ? C’est à qui décèlera les causes essentielles qui manifestement ont scotché le pays dans l’état dont personne même ceux qui en ont bénéficié ne peuvent se réjouir pour Madagascar. Pas question de savoir qui en ont commis dans le passé, mais de bien identifier ces fautes, et de se promettre pour l’avenir de ne pas les reproduire soi-même et de dénoncer et poursuivre toute commission dans le genre.

Léo Raz

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