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Fanja Razakaboana : « La résilience des femmes entrepreneures est de mise »

Fanja Razakaboana : « La résilience des femmes entrepreneures  est de mise »

L’entrepreneuriat féminin à Madagascar n’est pas épargné par la crise sanitaire. D’après Fanja Razakaboana, présidente du Groupement des femmes entrepreneures de Madagascar (GFEM), la résilience est de mise malgré le contexte difficile.

Quels impacts la crise sanitaire qui dure depuis plus d’un an a-t-elle eus sur les activités des femmes entrepreneures, notamment celles regroupées dans le GEFM ?
L’économie mondiale a fait face au choc causé par la crise sanitaire. Madagascar n’y a pas échappé. Pour les entreprises dirigées par les femmes, on a pu constater que la solidité de ces sociétés a été mise à l’épreuve. De nombreuses entreprises féminines ont vu une importante baisse de leurs chiffres d’affaires, d’autres ont dû réduire l’effectif du personnel, tandis que certaines ont été contraintes de procéder à une cessation d’activité. Les entreprises dirigées par les femmes ont surtout connu une problématique majeure dans le domaine financier, leur trésorerie ne leur permettant pas de faire face à la crise. Concernant celles qui ont souscrit un prêt bancaire, elles ont eu du mal à joindre les deux bouts. D’autant qu’il n’y a pas vraiment eu d’accompagnement spécifique pour les entreprises en général pour faire face à la crise. Toutefois, il y a des opportunités à saisir dans quelques domaines, entre autres le e-commerce, ou encore la production locale des huiles essentielles. Et certaines entreprises se sont adaptées à la situation qui prévaut afin de pouvoir poursuivre des activités, en répondant aux besoins existant sur le marché.

Quelles mesures ont été prises pour assurer le fonctionnement des entreprises et le déroulement du travail ?
Il a fallu s’adapter à la situation, entre autres en termes de mesures à prendre pour la protection des travailleurs sur leur lieu de travail. La fourniture d’équipements sanitaires, les procédures d’hygiène assez soutenues qu’il fallait mettre en place, l’adoption d’un système de rotation au travail. De plus, de nombreuses entreprises ont envoyé une partie de leur personnel en télétravail. Ce qui nécessite des équipements supplémentaires pour la mise à disposition de la connexion. Ces mesures ont entraîné des charges supplémentaires pour les entreprises. Il fallait ainsi réduire les coûts dans d’autres domaines, par exemple dans le domaine de la communication ou le transport.
Le soutien apporté par le gouvernement porte essentiellement sur des allègements dans le domaine fiscal et le paiement des cotisations sociales. Des prêts ont été également proposés aux affiliés de la Cnaps. Cependant, chaque entreprise s’est adaptée à sa manière. Plus d’un an après la crise, il nous faut plus de visibilité pour pouvoir rebondir.

La crise sanitaire n’empêche pour autant pas les femmes entrepreneures de continuer à multiplier les initiatives pour développer leurs activités, notamment à travers l’intégration régionale dont le récent lancement du Comesa federation of women in Business (COMFWB) pour Madagascar. Pouvez-vous nous en dire plus sur les résultats attendus de cette initiative ?
Ce projet a été lancé un peu avant la crise sanitaire. Le chapitre Madagascar a été lancé au premier trimestre 2020. La convention n’est intervenue que cette année, car il a fallu mettre en place le personnel exécutif. Il y a eu le processus de recrutement d’un agent de liaison local pour faire le suivi du projet. Nous sommes rattachés au COMFWB au Malawi. Il s’agit d’une organisation qui fédère toutes les associations de femmes entrepreneures dans les pays de l’Afrique australe. Le COMFWB regroupe 21 membres. Madagascar a rouvert son chapitre l’année dernière et le GFEM a été nommé par le Mica en tant que leader et chapter représentant du pays. Nous avons comme objectif de déterminer les besoins des associations des femmes entrepreneures à Madagascar et d’être une plateforme d’échanges, d’expérience entre les femmes entrepreneures de l’Afrique australe et orientale. Nous visons aussi à encourager la création et le développement des entreprises existantes. Aujourd’hui, nous continuons à multiplier les initiatives parce qu’il faut qu’on avance malgré la crise. Il y a actuellement des opportunités qui s’ouvrent aux entreprises et il faut que Madagascar se positionne sur le continent Africain. Notre mission est d’aider les femmes entrepreneures à être plus visibles sur le marché continental et mondial, mais aussi comment mener à bien leur activité pour établir des alliances plus stratégiques. Le Covid-19 a été un révélateur de notre capacité d’adaptation et de résilience. Notre rôle est d’élargir l’horizon de ces entreprises dirigées par les femmes dans le COMFWB, apporter des opportunités pour le marché régional qui n’est pas encore très connu aujourd’hui et informer sur les avantages permettant d’agrandir le réseau dans le continent africain.

2021 a été principalement marquée par la deuxième vague de contamination du Covid-19. Quelles perspectives économiques prévoyez-vous cette année ?
La reprise est très difficile pour 2021. On ne peut pas encore parler de reprise malgré la levée de quelques mesures sanitaires, la baisse du nombre de nouvelles contaminations et l’arrivée des vaccins. Il y a encore beaucoup d’inquiétude au niveau des entreprises. Il y a aussi le risque d’une nouvelle vague et des nouveaux variants. Les femmes entrepreneures sont actuellement dans l’incertitude et restent beaucoup plus prudentes. Elles ne se lancent pas dans des investissements, mais essaient de maintenir leurs entreprises en misant sur la diversification des activités, la réorientation. Elles s’adaptent également aux priorités qui existent sur le marché, comme par exemple la production de masques. Certaines se sont lancées dans la reconversion d’activités, notamment dans la filière textile, l’agroalimentaire, l’e-commerce.

Nous restons néanmoins optimistes pour cette année. Car des évènements, des webinaires, des formations en lige sont de plus en plus fréquents, notamment au niveau continental et mondial. Des forums hybrides sont prévus, c’est-à-dire à moitié virtuel à moitié en présentiel. Les entreprises dirigées pas les femmes devraient être résilientes et s’adapter à la situation qui prévaut pour survivre.

De votre point de vue, que faudrait-il faire pour soutenir les opérateurs et relancer l’économie nationale ?
Il faut une réelle volonté politique en plus des soutiens d’allègement proposés aux opérateurs. Pour améliorer l’environnement des affaires et pour la relance de l’économie, il faut prioriser la production locale, continuer l’industrialisation, appuyer les entreprises à produire localement, réduire un peu plus les importations. Il faut également plus de mesures dans le domaine de la fiscalité et l’allègement des charges sociales des entreprises permettra de préserver l’emploi.
Il est également nécessaire de trouver un équilibre beaucoup plus équitable. Durant le confinement, alors que nous étions tous contraint de respecter les mesures de restrictions, de nombreuses entreprises en difficulté ont été contraints de procéder au chômage technique total ou partiel de leur personnel. Pourtant, les fonctionnaires continuaient à percevoir leur salaire à 100%. Ce n’est pas le cas pour le secteur privé. Il ne faut pas que celui-ci prenne la majeure partie des contraintes liées à la crise du Covid-19. Et n’oublions pas que le secteur privé est le principal pourvoyeur de recettes de l’Etat.

Vous êtes-vous fait vacciner ?
Je me suis fait vacciner récemment. Il s’agit d’un choix personnel. J’estime qu’en tant que leader d’organisation citoyenne et engagée, il est important de montrer l’exemple. Sans compter que le vaccin est l’une des clés qui permettra de revenir à une situation plus ou moins normale.

Propos recueillis par J.R.

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