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Henry Douliot: journal du voyage fait sur la côte ouest de Madagascar (145)

Ainsi donc le gendre de Fatoma est tiède, voilà qui est convenu, et, comme j’emporte toujours avec moi du sulfate de quinine, j’espère le réchauffer.

Le lendemain 27 avril, dès l’aurore, nous reprenons notre route vers l’est. Devant nous est la jolie vallée de Kiranorano que nous traversons avec de l’eau jusqu’aux genoux. Aux vallées succèdent les collines toujours de plus en plus hautes et, quand nous sommes sur un sommet, nous découvrons encore d’autres vallées et d’autres collines et, plus loin, des montagnes qui se profilent à l’horizon. Nous traversons encore le Tsimahotomiolakolaka, l’eau sinueuse, et nous stationnons au sommet de la petite montagne de Mahalavaolo qui s’avance comme un cap dans cette mer de collines semblables à des vagues immenses. Les vallées sont boisées, les collines verdoyantes, les sommets rocheux. À travers le grès et l’argile rouge sont disséminées par milliers des géodes de quartz, des grains de fer colithique et pisolithique et l’on voit pointer par places des masses de porphyre et de mélaphyre. À l’horizon c’est la montagne de Mavohazo qui s’étend du nord au sud ; plus près c’est Masiakampy où loge Fatoma ; à nos pieds coule le Betsimainty, affluent du Kiranorano, qui vient du sud-est, mais que nous ne rencontrerons plus sur notre route.

Nous sommes à la limite d’une première zone de plateaux qui a une trentaine de kilomètres de large, mais dont j’ignore l’étendue du nord au sud. À mesure que nous nous élevons, la route est de plus en plus agréable pour un touriste malgré les précipices qui ont été creusés par les grandes pluies et qui bordent le sentier. Les vallées étroites sont de gras pâturages, les vallées larges sont des rizières incultes d’une grande fertilité. Les rivières ont un cours rapide, ce sont presque des torrents ; mais l’eau en est claire, fraîche et savoureuse avec un petit goût ferrugineux.

C’est à peine si nous rencontrons quatre indigènes par jour portant à la côte des billes d’ébène coupées dans les montagnes de l’est ; il faut trois jours pour aller de la forêt à Andemba, trois grandes journées de marche, car il y a environ 150 kilomètres ; à deux, ils portent une bille de 40 kilogrammes et, à Andemba, ils reçoivent huit ou dix brasses de toile pour leur marchandise et leur peine.

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