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Henry Douliot: Journal du voyage fait sur la côte ouest de Madagascar (144)

Impuissants et stériles, ils sont noyés dans l’afflux toujours croissant des Makoa qui sont prolifiques et qui travaillent ; tout autour de Maintirano, à l’est, au nord, au sud, il en est de même. Dans le village d’Ambahibé il y a dix Sakalava qui meurent de faim ; à Demoka il y a mille Makoa et des vivres pour deux mille. Les bienfaiteurs de l’humanité n’ont que faire de chercher à abolir ici l’esclavage qui disparaît de lui-même : les propriétaires d’esclaves meurent et les esclaves conquièrent le pays par leur travail. Jadis les Makoa apprenaient le sakalava ; aujourd’hui les Sakalava parlent makoa.

À 1 heure de l’après-midi, nous reprenons notre route vers l’est. Plus de culture, mais d’immenses prairies dont l’herbe a deux mètres de hauteur (ahidambo) ; la terre, qui est une argile rouge mélangée de grès, est fertile ; l’herbe est si haute et si touffue qu’on y marche sans voir ses compagnons, sans même voir le sentier que le pied seul devine. J’ai pris la tête de la colonne avec Mboéty, qui m’emboîte le pas, et, au bout d’une heure, nous sommes seuls, les autres ont perdu notre piste ; nous nous asseyons dans l’herbe, appelant nos compagnons de cinq en cinq minutes ; enfin, on nous répond, ils s’étaient trompés de route.

À 3 heures nous touchons la rive sud du Kiranorano, une jolie rivière qui change plusieurs fois de nom sur sa route. Près d’Andemba, il se nomme Dodorony ; grossi du Behirijy, il devient l’Antevamena ; à son embouchure, près du village de Kiranorano, il reprend son nom primitif. Il faut beaucoup d’attention et beaucoup de questions pour ne pas se perdre dans ce dédale.

À l’est de Maintirano, dans un cercle de 20 à 30 kilomètres de rayon, la plaine est arrosée par des cours d’eau variables qui confluent les uns avec les autres et qui débordent au moment des grandes pluies. À cette première zone succèdent les collines que nous gravissons maintenant, toujours au milieu de grandes graminées dont les piquants traversent nos vêtements et piquent durement notre peau.

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