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Henry Douliot: journal du voyage fait sur la côte ouest de Madagascar (122)

Beakata est gouverné par la vieille Hosovy et par ses deux fils Marankoa et Ankarena qui nous reçoivent à l’ombre d’un grand sakoa sous lequel on tient généralement conseil, et nous mangeons en plein air les vivres apportés d’Andemba. En cette saison, la nourriture est chère, le riz de la dernière récolte est épuisé, le riz de l’année n’est pas encore mûr, et il n’y a plus ni manioc, ni patates, ni tavolo, aussi tout le monde crie-t-il misère et ne reçois-je plus les beaux cadeaux auxquels j’étais habitué dans le Ménabé. Mais quelle belle saison ! Tout est en fleurs, herbes et arbres, surtout les arbres, et la forêt est remplie de couleurs et de parfums.

Nous quittons Beakata à 4 heures, laissant à droite la route qui conduit à Belobaka et, à gauche, celle de Kiranorano, et nous obliquons vers le nord-ouest pour aller à Ambiky. Tout près, se trouvent les restes d’une habitation arabe qui date d’une époque où les Sakalava n’avaient pas encore occupé la contrée. Car on sait que les Sakalava sont venus du sud et qu’ils ont envahi successivement le Fiherenana, le Ménabé et le Mailaka. Cette maison est au milieu de la forêt sur une colline d’où l’on domine la mer ; il n’en reste plus que deux pans de mur, celui de l’ouest percé de deux grandes fenêtres et celui du sud long de 8 mètres et épais d’une coudée, les autres sont rasés. Tout est envahi par la végétation ; les lianes, les dioscorées ont pris racine entre les moellons de la muraille. Un puits aujourd’hui comblé est à une centaine de mètres au nord de la maison abandonnée qu’on désigne sous le nom de Tranombazaha.

De là, nous apercevons sur une dune de sable stérile, Namela, misérable village de pêcheurs où l’on ne vit que de poisson. C’est là que nous déjeunons. Je fais sécher mes plantes sur le sable et nous repartons pour Anakao où l’on ne parle que de fahavalo ou de rongovoly (pillards). Une vingtaine d’hommes armés passent devant nous en courant à la file, se rendant au village voisin ; ils se disent envoyés du roi et demandent des bœufs en son nom ; on les leur donne : réflexion faite, on s’aperçoit que ce sont des voleurs. Les habitants d’Anakao sont décidés à abandonner le pays et à partir pour le nord avec leurs troupeaux à la recherche d’un pays où ils puissent vivre en paix.

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