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Henry Douliot: journal du voyage fait sur la côte ouest de Madagascar (120)

Dimanche 31 janvier 1892. – Je pars définitivement. Je suis tellement en colère que, Pesa me demandant encore un coup de rhum, je lui offre un coup de revolver ; il comprend que ma patience est à bout, et nous partons pour la pointe nord de l’île de Maintirano où une pirogue nous attend pour nous transporter sur la rive nord du bras de mer d’Andemba que nous allons suivre à pied.

Il faut une heure en pirogue pour aller à Andemba, mais il en faut près de trois quand on va à pied, car on enfonce à chaque pas de plus de 10 centimètres dans une boue d’argile plastique rouge à laquelle les chaussures restent collées, si bien qu’on est forcé d’aller pieds nus.

Les rives de l’Andemba sont couvertes de palétuviers et d’afiafy. Nous passons péniblement au milieu de leurs racines enchevêtrées, cherchant où placer nos pieds pour ne pas nous blesser aux souches ou pour ne pas enfoncer trop profondément dans la terre gluante. Au bout d’un quart d’heure de cet exercice, j’ai oublié mes déceptions de la veille et j’ai retrouvé toute ma gaieté de voyageur.

La région littorale de Maintirano est presque complètement inondée. Nous traversons des îlots de sable que séparent de petits bras de mer, Nosy Kely, Nosy Misolo, Nosy Marofatiky, toujours marchant à travers les palétuviers, dans l’argile, au milieu des racines d’afiafy qui sortent du sol et poussent verticalement de bas en haut, dressées comme des chausse-trapes. Après deux heures d’une gymnastique pénible, nous traversons l’Andemba avec de l’eau jusqu’au genou, et, un quart d’heure après, nous sommes au village d’Andemba entouré de baobabs, de za, si j’en crois les habitants.

J’ai eu quelque difficulté à comprendre le mode de distribution des eaux de la contrée. Il y a deux rivières qui portent le même nom d’Andemba : l’une coule à l’est du village, l’autre à l’ouest. Cette dernière, celle que nous avons suivie, est une rivière salée ou plutôt un bras de mer long de 5 ou 6 kilomètres que les pirogues peuvent remonter à marée haute et descendre à marée basse ; c’est la grande route entre Andemba et Maintirano.

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