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Henry Douliot: Journal du voyage fait sur la côte ouest de Madagascar (119)

J’ai commis là une faute que je ne me pardonnerai jamais. J’aurais dû partir malgré l’orage, malgré la pluie, malgré la marée haute, malgré la paresse de mes hommes. Le lendemain, en effet, personne n’arrive à l’heure et, quand enfin tous mes porteurs sont réunis, à 8 heures au lieu de 5, Alidy les fait appeler et leur interdit de me suivre. Tout le monde dépose ses bagages et je reste seul.

Alidy ne veut pas m’autoriser à partir avant l’arrivée du paquebot. Il lui faut un papier constatant qu’il n’est pas responsable des accidents qui peuvent m’arriver.

C’est pour moi une déception cruelle. Tous les dangers dont on parle ne sont qu’imaginaires ; on ne cesse de répéter que Morosy, Bibiasa, Rétéhé sont constamment en guerre et, en dix mois, il n’y a pas eu un homme mort. Les Sakalava avec leur fusil, leurs deux sagayes, leurs amulettes, leur allure de matamore, sont en réalité timides et lâches, et je suis sûr d’être à l’abri de tout danger avec eux, car ils ne me conduiront certainement que là où il n’y a rien à craindre.

En sortant de chez Alidy, je demande à mon piroguier Atrara de venir me chercher le lendemain à la première heure avec son embarcation et un seul homme. Je remonterai aussi loin que je pourrai le cours du Demoka en herborisant.

Samedi 30 janvier, 5 heures du matin. – J’attends mes hommes ; 6 heures, j’attends encore ; 7 heures, la mer baisse et je n’ai toujours pas de pirogue. Alors Alidy me fait savoir discrètement que je pourrai partir, mais qu’il attend un cadeau de moi.

Je me rends alors chez lui tout seul et lui dis : « Tu as tout obtenu de moi, comment peux-tu me refuser la première chose que je te demande ! Veux-tu du rhum, des lambas, je ne te les refuse pas. — Ne crois pas que je m’oppose à ton voyage, je te conseille seulement de ne pas l’éloigner de la côte. — Allons, nous sommes d’accord. » Total, douze brasses de toile et deux bouteilles de gin. Et dire que je n’avais pas compris cela deux jours auparavant !

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