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Chronique : entre tradition et modernité

L’autre jour, une jeune maman, fraîchement rentrée de France où elle avait vécu une dizaine d’années m’affirma qu’entre le lave-linge et la lessive à la main, son choix était fait : à la main, le linge est vraiment mieux lavé. Après avoir fixé ses mains avec une insistance malvenue, je n’ai pas pu m’empêcher de rétorquer quelle avait probablement raison, surtout si son linge était lavé par une autre personne. Cette autre personne n’était pas avec nous lors de cette conversation post-moderne. Je n’ai donc malheureusement pas pu lui demander son avis sur la question.

Un autre jour, et avec une autre jeune femme, je discutais cuisine ou, entre rissolage et mijotage, le plaisir de mitonner de bons petits plats. Après avoir épuisé notre vocabulaire de l’art culinaire, il fallut conclure ce savoureux échange. Ce fut chose faite quand la dame décida : « Il n’y a pas à dire, la cuisson au gaz ne vaut pas la cuisson au charbon ». Là encore, je me fis l’avocat du diable en soulignant que le riz du matin cuit au charbon est effectivement particulièrement fondant, surtout quand ce n’est pas moi qui me lève à quatre heures pour allumer le fata-pera.

Si j’ai cru un bref instant que ces opinions étaient marginales, je me suis vite rendu compte  que je me trompais, à une nuance près : les femmes qui défendent le goût pour les méthodes traditionnelles sont précisément celles qui ne lavent pas leur linge elles-mêmes et qui ne font pas la cuisine elles-mêmes. Alors que je demandais aux premières concernées, des lavandières et des femmes de ménage accessoirement cuisinières, ce qu’elles pensaient du lave-linge et de la cuisinière à gaz, une femme, encore une, acheva de me convaincre que mes scrupules étaient ridicules.

Pour preuve, cette pléthore de femmes, jeunes et moins jeunes, ravies de travailler dans nos maisons pour subvenir aux besoins de leur famille, ravies de nous épargner les sujets qui fâchent les couples, à savoir le partage des tâches et ravies de nous permettre ainsi d’être des femmes modernes, en un mot des femmes libres. Merci mesdames !

 

Kemba Ranavela

 

 

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