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Henry Douliot: journal du voyage fait sur la côte ouest de Madagascar (118)

Abder Iman est le seul homme qu’on respecte à Maintirano et qui soit digne de respect. Abder Iman est donc mon ami.

Alidy m’a recommandé comme guide un nommé Fetsa, un vrai Sakalava qui a parcouru cent fois le Mailaka dans tous les sens, qui connaît le nom de tous les villages, les chemins qui y mènent ; tous les masondrano (ou chefs du pays) savent que c’est un des hommes de confiance d’Alidy. Il parle soahili comme s’il était né à Zanzibar et le sakalava avec l’accent des bonnes familles. Il est masy et ampisikily, c’est-à-dire astrologue, etc. Fetsa a 32 ans, mais il aime beaucoup trop le rhum. À Maintirano il s’habille, comme les Soahili, d’une longue chemise blanche et porte une calotte sur son crâne rasé. En voyage, il attache un mouchoir autour de son front, se drape dans le lamba sakalava et met tous ses aoly en sautoir ou sur son front.

Fetsa réunit pour moi cinq porteurs, ses frères et cousins, Safiry, Abdala, Pesa, Alifany et un Makoa, Talia. Tous aiment le rhum par dessus tout. Safiry, Pesa, Alifany qui posent pour les grands seigneurs, trouvent leurs charges trop lourdes, et, comme ils n’ont ni fusil ni sagaye, ils voudraient que je leur en achetasse.

Alidy, de son côté, fait des objections à mon départ : il me répète à plusieurs reprises que le pays est dangereux et plein de brigands et que je ne dois pas m’éloigner de la côte. Dans l’intérieur, on l’accuse d’avoir vendu Maintirano aux Vazaha et ses ennemis tueront tous les blancs qui pénétreront dans le Mailaka.

Cependant, le jeudi 28 janvier, à midi, tout est prêt. Mais il est impossible d’avoir une pirogue et il faut attendre la marée basse ; à 5 heures du soir on boit la goutte de rhum du départ, puis mes hommes disparaissent. Abdala va à la recherche de Fetsa, Fetsa est chez Alidy, Safiry court après Abdala et ainsi de suite. Outre l’orage qui gronde dans ma tête, il y en a un dans l’air et le vent souffle avec force. Enfin, à 6 heures, tout le monde revient, mais il est trop tard et je décide qu’on partira le lendemain au lever du soleil et à pied, au lieu d’aller en pirogue à Andemba.

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