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Henry Douliot: journal du voyage fait sur la côte ouest de Madagascar (100)

Ainsi lorsqu’il y a quelque temps, Finetreka, fils de Mahasinto, logeait chez son frère de sang Tsialofa, on déroba pendant la nuit ses sagaies ; Finetreka oubliant que Tsialofa était son frère, l’accusa de les avoir volées, à tort, puisqu’on les retrouva brisées chez le vrai voleur. Rentré chez lui, Finetreka apprit que des Rongavoly avaient dérobé sa sœur et sa femme et les avaient emmenées comme esclaves on ne sait où ; pour les Sakalava, le ciel l’avait puni d’avoir manqué au fatidra, matefilokatomœtsé.

C’est le lundi 26 octobre, à 7 heures du matin, qu’a lieu le fatidra entre la reine Finaly et moi. Un bœuf est amené sous un grand tamarinier et jeté à terre, les pieds liés. La reine et moi, nous prenons chacun une sagaye, dont la pointe repose sur la tempe du bœuf ; l’orateur, frappant nos sagayes avec son couteau, prononce le discours traditionnel, puis chacun de nous frappe la bête de sa lance, dont la lame, enfoncée dans le flanc jusqu’au manche, sort toute rouge et est plongée dans un bol plein de rhum contenant quatorze balles de fusil, sept en plomb que j’ai fournies, sept en fer qu’a données Finaly. La reine les arrose avec une cuiller, pendant que l’orateur prononce la fin de son discours. Je bois alors le sang de Finaly, mélangé au rhum et au sang du bœuf, puis je me fais une incision, mais Finaly ne boit pas mon sang, je me contente de toucher avec la cuiller son épaule droite, dont l’orateur boit le contenu pour elle ; elle conserve les sept balles de plomb que j’ai mises dans le bol et je conserve de même soigneusement les sept balles de fer, témoins de notre alliance.

Le bœuf est alors tué et découpé sur-le-champ, puis distribué en partie aux gens du village, en partie aux miens ; nous vidons deux bouteilles de rhum, et ma sœur de sang me souhaite un bon voyage, me promettant que nous nous reverrons à Morondava. Un homme de son village et une de ses tantes se rendant à Ambondro, village voisin de Mananjaka qui est sur le Morondava, dans l’est de Mahabo, nous ferons route avec eux jusque-là.

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