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Henry Douliot: Journal du voyage fait sur la côte ouest de Madagascar (99)

Le lendemain, nous y séjournons, parce qu’ayant l’intention d’y revenir plus tard, je veux demander à Finaly de conclure avec moi l’alliance du sang. Elle est revenue de Mahabo et je vais la voir dans la matinée. C’est une forte femme, encore jeune, quoique grand’mère ; elle a les yeux petits et assez vifs, le nez droit et large du bas, les lèvres fortes ; elle n’est pas jolie, mais on ne peut pas dire qu’elle soit laide. Elle se promène dans son village et dans ses plantations, sans aucun cérémonial et sans aucune escorte, avec un long bâton qui simule une sagaie ; au milieu du jour, elle s’assied sous un grand tamarinier, où elle cause avec les chefs et préside les kabary. Quand on fait visite à un roi comme Tsiatelo, on laisse ses sagaies et on n’emporte avec soi que son fusil ; chez une reine, personne n’apporte d’armes.

Finaly est une bonne personne qui cause volontiers ; elle s’exprime très clairement, même pour moi, et accepte avec plaisir mes avances ; j’entre tout à fait dans son amitié en la purgeant à l’huile de ricin et en lui donnant de la quinine.
Il y a ici en ce moment une épidémie de fatidra. Les deux fils de Finaly, Fangalaha et Fandrana, s’allient, l’aîné, à Rasala et à Ramotsa, le cadet, avec Lahiakio et Tsialofa. Tsialofa, déjà frère de sang de Raovona, s’allie encore avec Tsifandrihé, notre Ampisikily, Masilea avec deux femmes, toutes deux jolies, Fenofa et Karo, Nangaretsa avec deux femmes, toutes deux laides, Anoisa et Narotsaka, Ramotsa aussi avec deux femmes, Rasanetsa et Raivo, Tsiavalika avec deux hommes, Manatroké et Tsiéké, et enfin Rasala avec Tsimitroa et Tsifandrika. Tous ont l’espoir de revenir ici tôt ou tard, soit pour acheter des bœufs, soit pour m’accompagner dans un voyage que je projette dans l’est, et nous sommes sûrs maintenant d’y trouver l’hospitalité, d’y avoir autant de guides que nous le voudrons et de pouvoir y acheter des vivres. Les Sakalava s’allient volontiers entre eux et ils prennent leur serment au sérieux ; il arrive parfois qu’un Masikoro manque aux lois du fatidra, mais on attribue à une punition céleste les accidents ou les malheurs qui lui arrivent.

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