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Henry Douliot: journal du voyage fait sur la côte ouest de Madagascar (98)

Nous côtoyons pendant quelque temps l’un de ces précipices ; nous traversons de petits ravins à présent à sec, qui sont ses tributaires, mais qui, pendant la saison des pluies, servent de lit à des torrents rapides, tombant en cascades dans le gouffre. Comme le plateau est absolument sec et dénudé, nous sommes heureux de trouver dans l’un d’eux un peu d’eau potable ; nous y passons la nuit.

La journée du 22 octobre est la journée des ravins, des torrents et des précipices, comme celle du 12 a été la journée des mokoty. Nous côtoyons des précipices, nous traversons des ravins et des lits de torrents, nous montons et nous descendons continuellement des pentes abruptes, et nous tombons enfin dans le Manarivo qui coule à peu près du sud au nord au point où nous le traversons. Tous ces ruisseaux, tous ces gouffres sont considérés par les indigènes comme la source de cette rivière, mais la vraie source est à quelques kilomètres au sud du point où nous la traversons et, à mon grand regret, je ne l’ai pas vue. Ici, le Manarivo a encore une vingtaine de mètres de large et son lit, qu’il ne remplit qu’au moment des grandes pluies, en a une soixantaine.

Après un repos de quelques minutes, nous grimpons la rive opposée et nous traversons, de l’est à l’ouest, le plateau qui est toujours aussi désert ; arrivés au versant occidental, nous descendons dans un val étroit et profond, qu’encombrent de grandes herbes et des arbres séculaires, morts les uns et les autres. C’est là que le Tanatana prend sa source et que nous nous arrêtons pour déjeuner. Nous sommes au sud de la montagne de Vohimena, qui, depuis plusieurs jours, éclaire ma route comme un phare rouge, et au nord du Sapiha.

Nous nous reposons jusqu’à 3 heures, car la chaleur est forte, il n’y a pas de vent, nous sommes à une centaine de mètres plus bas que les plateaux de la veille et la route n’a pas d’ombre. Nous traversons maintenant des vallées verdoyantes où coulent le Tanatana, le Beroroka, le Zama ; une descente d’une vingtaine de mètres nous a fait passer de la terre rouge et des grès arides à un immense tapis vert. Pendant une heure, nous suivons, les pieds dans l’eau, le coude du Tanatana et nous hâtons le pas vers le village de Fandroa, que nous avons quitté le 15 octobre. Nous y arrivons le 22, à 7 heures du soir, par une nuit noire, tous si fatigués que nous mangeons à peine.

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