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Chronique : Vivre les fêtes au jour le jour

Possible que la Saint-Sylvestre se passe sous un climat électrique, l’annonce des résultats, fussent ceux-ci partiels et provisoires, menace de faire grimper la tension et de faire péter des plombs. La population s’y est préparée en devançant l’éventualité ne donnant pas à ces circonstances le loisir de faire planer à l’avance une ombre sur Noël. Déjà la majorité a eu fort à faire pour célébrer dignement cette fête qui représente pour tous, croyants ou non-croyants, le symbole favorable à une ambiance de sérénité propre à recouvrer une paix intérieure individuelle et à donner plus de sens et de corps aux liens que dictent divers nobles sentiments. Vivre les fêtes au jour le jour ne couvre pas ici le sens du «carpe diem». Pour un grand nombre vivre suppose survivre en premier devoir. Ces conditions ne font pas d’une fête une sinécure : au quotidien nombreux besoins y compris les essentiels font défaut, comment satisfaire aux suppléments de nécessités que l’occasion y superpose. Même les prix se mettent à la fête et dansent une valse des étiquettes à cent temps. Suffit qu’une mauvaise gouvernance donne la cadence, les prix s’envolent, les porte-monnaies n’essoufflent, l’ariary tire la langue… Dût-on faire l’impasse sur les réjouissances de fin d’année, vivement demain et saluer la nouvelle, annonciatrice d’un probable changement avec l’avènement d’un Président, pas très neuf certes (un come-back dans l’un comme dans l’autre des cas possibles), mais lesté d’un esprit rénové avec dessein d’appréhender différemment l’exercice du pouvoir.
La lourde succession dont hérite le nouvel élu lui promet autant la tâche difficile qu’un succès facile pour peu qu’il réussisse à insufler un nouvel élan. La population mesurera cet élan à la puissance du freinage qu’il saura imprimer sur l’exagération des dépenses de prestige dont se fendent les gens du pouvoir et sur des excès de dépassement d’autorité que souvent se permettent ces mêmes. Envisager l’éventualité d’une telle initiative met déjà le cœur en fête. Légère est la privation des libations le 31 quand se présente la perspective d’une ère autre que le lugubre air des décennies de sacrifices au cours desquelles les difficultés ont pesé de leurs poids en crescendo. Il n’est pas interdit de croire candidement qu’un bonheur n’arrive pas seul, que dans le même temps la grâce nimbe de sagesse le perdant, l’inspire à s’abstenir de provoquer une énième inopportune crise.


Léo Raz

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