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Henry Douliot: Journal du voyage fait sur la côte ouest de Madagascar (65)

On a fait jadis ici un grand commerce de caoutchouc, mais le prix de cette denrée s’étant assez élevé pour que l’achat en fût peu lucratif pour les traitants, en même temps qu’il baissait en Europe, quelques mauvais marchés ont arrêté toute exportation. L’orseille, qui alimentait plus de dix maisons de commerce sur la côte ouest, n’est plus exportée que par une seule, et les traitants émigrent tous à Tullear ou aux environs, à Nosy Vé, à Salary, pour faire le commerce des pois du Cap, auquel ils devront, du reste, bientôt renoncer, car il leur est impossible de lutter contre les Banyans et les Indiens qui trafiquent sur toutes ces côtes. Les Indiens ayant en effet très peu de frais, vivant de rien, se contentant d’un petit bénéfice et ne craignant pas de mourir à la peine, achètent les divers produits, l’ébène, le caoutchouc, la cire, etc., à des prix très peu inférieurs à ceux de Londres. Quoique le commerce ne soit plus florissant à Vondrové, ce n’en est pas moins un pays où des colons agriculteurs pourraient vivre heureux et mourir de vieillesse, entourés d’une nombreuse famille, à la condition de s’y fixer et de ne pas songer à faire rapidement une fortune qu’ils viendraient dépenser en France plus rapidement encore. J’aurais voulu continuer mon voyage au sud du Mangoka et faire l’ascension de la belle montagne qui était en face de moi, sur l’autre rive, avec sa forêt séculaire de reniala. Mais il m’eût fallu des marchandises et des hommes, et ma pacotille est presque épuisée ; mes Sakalava du Ménabé refusent, du reste, de me conduire dans le pays de Fiherenga qu’ils ne connaissent pas, car c’est un dur voyage à faire que l’exploration du Fiherenga ; il faudrait partir de l’embouchure de la rivière Mangoka, se créer des relations avec les chefs de l’intérieur, former une équipe d’hommes, et tout cela aujourd’hui m’est impossible ; je fixe donc pour le 27 août, après-demain, la date du départ pour NosyMiandroka, en recommandant à mes hommes de me conduire par un chemin différent du premier.

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