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Chronique : malotrus!

Citez quelques incivilités dont vous avez été le témoin. On vous affirmera que le malotru est un individu sans éducation, probablement issu d’un milieu où le raffinement n’est pas une priorité. On pourra aussi ajouter que le malotru, qui peut être une malotrue, est un néo-citadin pas encore au fait des codes du savoir-vivre en ville.

Déambulez dans les rues de la capitale : cerné par les incivilités, vous conclurez fatalement que la ville est envahie par les néo-citadins. Ce n’est pas faux, on sait que l’exode rural contribue à peupler les “bas quartiers”, les rues et les tunnels de travailleurs sans domicile (fixe). Mais il serait malhonnête de leur attribuer l’État déplorable de la capitale.

Il y a eu plusieurs tentatives de réinsertion de familles vulnérables dans des villages éloignés des grandes villes. Ces projets sont louables, surtout quand ils sont réalisés ” dans un milieu respectant la valeur, la dignité et les droits humains“*. Pour autant, vider les villes de leurs miséreux ne les rendra pas plus propres si les citadins -plus policés, plus urbains?- ne modifient pas leur comportement.

Les villes modernes autorisent une plus grande liberté de comportement, aux antipodes du contrôle social assuré par la communauté traditionnelle. Elles autorisent et imposent également une plus grande autonomie individuelle que nous autres citadins aurions dû assimiler en une ou deux générations. C’était sans compter sur un lourd passif hérité de notre passé colonial. Dans notre inconscient collectif, l’ordre des villes est encore un ordre colonial. Or cet ordre ne laissait qu’une portion congrue au fihavanana, idéal du savoir-vivre ensemble de la communauté traditionnelle.

Aujourd’hui, si les contraintes traditionnelles sont relativement moins importantes dans les villes, l’autonomie individuelle qui aurait pu progressivement les remplacer est quasi inexistante. Ainsi on se permet tout et n’importe quoi, sans craindre la foudre des ancêtres qui ne s’abat plus que sur les villages, et encore.

Cela fait beaucoup trop de malotrus parmi nous.

 

Kemba Ranavela

 

 

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