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Chronique: discipline bien ordonnée commence par soi

Un gendarme ivre se servant de son arme de service pour tirer à bout portant sur un consommateur qu’il pensait importuner la tenancière d’un bar sur laquelle il caressait des vues, ce n’est pas ce qu’il y a de mieux pour inaugurer l’année en faveur d’un retour de confiance de la population à l’endroit des fonctionnaires censés assurer la protection des personnes et des biens. L’incident qui s’est passé en ce jour de l’an à Ivato, sans être pourtant le premier du genre question utilisation abusive d’une arme de service, remue profondément l’opinion, suffisamment outrée de la violence des opérations menées par une voyoucratie de plus en plus brutale, plus horrifiée encore par la suffisance et par des comportements terrifiants de certains éléments de l’armée, de la gendarmerie ou de la police.

La prolifération illégale des armes à feu dans la société pose problème, mais elle ne saurait dispenser les trois formations sus-nommées d’assurer un flicage sévère concernant la discipline sur l’usage des armes et peut-être même réviser la réglementation du port de ces armes. Il ne semble pas évident que la formation suffit à inculquer dans le crâne de certaines têtes brûlées, d’une part le sens de dignité de porter des armes et l’esprit de discipline qui en découle, d’autre part le respect de la vie humaine que les agents de l’ordre ont mission à protéger. On a le sentiment d’une nécessité de renvoyer les hauts responsables à leurs livres pour qu’ils révisent le contenu de leurs responsabilités engagées par des actes de débordement dont sont coupables les hommes et agents de leur troupe.

Ce n’est pourtant pas les prétentions qui manquent, ici on parle de troupe d’élite, là de commando de choc. Le public ignore la portée de ces qualificatifs dans la réalité, d’autant qu’il ignore le baptême de feu qui en a valu les mérites. Du reste ce n’est pas de leur valeur à savoir se battre contre le mal que la population doute, elle se méfie plutôt de leur vertu ou de l’absence de vertu.

Pourtant malgré ces réserves l’opinion accueille avec soulagement l’annonce du déploiement des forces armées dans les «zones rouges». Mieux que rien, pense-t-on, même de l’avis des badauds il eut été préférable de missionner des petites unité dans toutes les zones oubliées éloignées de tout recours à la puissance publique, sans attendre que la zone soit décrétée rouge. Trop souvent les opérations «coup de poing», sans nécessairement n’avoir d’effets que ceux d’un médecin après la mort, servent à rassurer les populations et à les venger des dahalo qui ont semé la mort dans leurs hameaux. Et même dans ces circonstances il arrive aux populations de regretter d’avoir à être tributaires de leurs sauveteurs.

Léo Raz      

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