Oops! It appears that you have disabled your Javascript. In order for you to see this page as it is meant to appear, we ask that you please re-enable your Javascript!
Flash
Préc Suiv

Eloge de la démission

Eloge de la démission

Une personnalité de premier plan au sein du régime a récemment rappelé que lorsqu’on est acculé, il ne faut pas forcément attendre d’être abrogé pour comprendre que la situation est intenable. Il faut aussi savoir quitter un poste lorsque la situation l’exige.
S’il est inutile de pointer quelqu’un du doigt, d’autant que le président de la République n’y est pas allé avec le dos de la cuillère récemment, à Toamasina, il est patent de constater que la démission ne fait pas partie de notre culture. Loin s’en faut. Contrairement à d’autres nations où quitter de son plein gré un poste de responsabilité est courant, à Madagascar, cela relève de l’exception. Il arrive même que la situation s’enlise au point que le chef de l’Etat, en personne, est obligé d’intervenir.
D’ailleurs, ceux qui ont démissionné de leur poste sont tellement rares qu’on peut les compter sur les doigts de la main. Il y avait, entre autres, un ministre des Finances en 2017 qui avait évoqué comme raisons « un manque de soutien » et « une divergence de vue ». Un groupement politique avait également quitté la coalition gouvernementale en 1995, faute de consensus avec le chef de l’Etat de l’époque. A part ces deux exemples, il en existe rarement depuis l’indépendance, du moins au plus haut sommet de l’Etat.
Et pourtant, le fait de prendre du recul ou de démissionner n’est pas forcément synonyme d’échec ou d’abaissement. Au contraire, aux yeux de l’opinion, c’est plus un synonyme de prise de responsabilité et de conscience de la gravité de la situation. C’est, du moins, le cas lorsqu’on assume les fonctions de haute responsabilité dans le domaine civil, et ce, à l’inverse des militaires pour qui une telle démarche signifie « abandonner ».
Une démission c’est aussi et surtout, un moyen de faire honneur à une fonction digne de ce nom. Comme l’écrivait Claire Gallois, il n’y a aucun déshonneur à reconnaitre ses limites, une fois atteintes, et à passer la main.

J.P

Les commentaires sont fermées.