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    Saison des pluies trop sèche: Tana a soif d’eau

    Saison des pluies trop sèche: Tana a soif d’eau

    Tana prend des airs de Grand Sud ces derniers temps…. L’eau manque. L’eau manque depuis des années dans les régions Anosy et Androy, en particulier, mais à présent, la capitale aussi a soif. Les précipitations ne sont tout simplement pas assez abondantes en cette période de saison des pluies.

    Les données météo montrent un gouffre entre 2019 et 2020, sur la région de Tana (données de Météo Madagascar, le service météorologique gouvernemental). En cumulé, entre novembre et décembre 2019 et 2020, c’est une baisse de… 71% du nombre de millimètres de pluie tombés… En détails, en novembre et décembre 2019, il est tombé, respectivement, 146,5 mm de pluie sur 13 jours, et 124,4 mm de pluie sur 13 jours. En novembre et décembre 2020, il est tombé, respectivement, 20,2 mm de pluie sur 7 jours, et 58 mm sur 14 jours.

    Ainsi, c’est tout l’approvisionnement en eau de la capitale et des campagnes alentour qui se trouve menacé. Le précieux liquide n’arrive plus dans nombre de robinets et de champs.

    Dans certains quartiers, comme à Itaosy, l’eau n’arrive que vers 2 heures du matin. Ailleurs où l’eau est disponible le jour, des longues files d’attente se forment aux robinets publics ou devant des citernes. A Ivato, à côté de l’aéroport international, depuis plus de deux semaines, l’eau ne fait son apparition que vers 3h du matin, et seulement pendant une heure.

    “Tana a besoin de 300 000 mètres cubes par jour et il y a un déficit de 100 000 mètres cubes”, a chiffré le directeur général de la Jirama, Vonjy Andriamanga, jeudi matin, sur radio Antsiva. Ambatomaro, et Andraisoro, dans l’est de Tana, par exemple, sont particulièrement touchés. Vonjy Andriamanga les a d’ailleurs qualifiées de “zone rouge”. “A Andraisoro et Ambatomaro, la population souffre de ce manque d’eau, a-t-il reconnu. Bien évidemment, on sera amenés à rechercher des solutions durables et pérennes. La première solution est la station de traitement d’eau à Amoronakona qui est déjà fonctionnelle et qui a pu résoudre une partie de ce problème. On va aussi mettre en place d’autres stations conteneurisées dans d’autres endroits et on en implantera une deuxième à Amoronakona qui peut produire 100 mètres cubes par heure. On fera tous nos possibles pour conduire l’eau vers Ambatomaro. On mettra en place 8 stations et ce sera fait au cours du premier semestre. Enfin, on a déjà commencé à Ankadindratombo.” Le directeur général a également reconnu la vétusté des infrastructures.

    Un peu plus loin sur les Hauts-Plateaux, loin des tuyaux de la Jirama, le manque de pluie ruine l’agriculture. A Ambatondrazaka, une des deux grandes régions rizicoles de Madagascar. Le manque de précipitation est en train d’engendrer un autre problème : 70 % des rizières ne sont pas irriguées, aux dires de paysans locaux. A terme, il se pourrait que le riz local se raréfie sur le marché et devienne plus cher.

    Julien est agriculteur dans la commune rurale d’Ambohijanaka, près d’Ambatondrazaka. “Ces temps-ci, il peut moins, je dirais même qu’on a affaire à une sécheresse… Et c’est assez rare en cette période. En tout cas, c’est un très mauvais signe pour nous agriculteurs car la récolte n’est pas très bonne, et les légumes non plus. Mais en plus de ça, on vendra moins alors qu’on aura consommé autant d’intrants comme de l’engrais ou des semences, donc on perdra de l’argent et on aura aussi un problème de trésorerie à régler.”
    Par le passé, les conséquences des mauvaises récoltes et des catastrophes météorologiques dépassent souvent les domaines agricole ou ménager…. En 2010, des incendies et une grave sécheresse ravagent les récoltes de blé de la Russie, un des plus grands exportateurs de la céréale indispensable pour faire le pain. D’autres pays de l’ex-URSS sont touchés aussi : Kazakhstan et Ukraine. Résultat, la Russie impose un embargo sur l’exportation de blé, pour nourrir sa propre population. La demande se raréfie, les cours s’envolent de plus de 50%… Et en bout de chaîne, le prix du pain bondit dans de nombreux pays plus au sud, notamment au Maghreb et au Proche Orient. La faim s’accroît pour des millions de gens qui descendent dans la rue. Et en 2011, débutent les Printemps arabes, une série de contestations violentes contre des souverains autoritaires comme Hosni Moubarak en Egypte et Bachar Al-Assad en Syrie. Le prix du blé n’a évidemment pas tout fait… Mais il a été une des étincelles.

    Tana prend des airs de Grand Sud ces derniers temps…. L’eau manque. L’eau manque depuis des années dans les régions Anosy et Androy, en particulier, mais à présent, la capitale aussi a soif. Les précipitations ne sont tout simplement pas assez abondantes en cette période de saison des pluies.

    Les données météo montrent un gouffre entre 2019 et 2020, sur la région de Tana (données de Météo Madagascar, le service météorologique gouvernemental). En cumulé, entre novembre et décembre 2019 et 2020, c’est une baisse de… 71% du nombre de millimètres de pluie tombés… En détails, en novembre et décembre 2019, il est tombé, respectivement, 146,5 mm de pluie sur 13 jours, et 124,4 mm de pluie sur 13 jours. En novembre et décembre 2020, il est tombé, respectivement, 20,2 mm de pluie sur 7 jours, et 58 mm sur 14 jours.

    Ainsi, c’est tout l’approvisionnement en eau de la capitale et des campagnes alentour qui se trouve menacé. Le précieux liquide n’arrive plus dans nombre de robinets et de champs.

    Dans certains quartiers, comme à Itaosy, l’eau n’arrive que vers 2 heures du matin. Ailleurs où l’eau est disponible le jour, des longues files d’attente se forment aux robinets publics ou devant des citernes. A Ivato, à côté de l’aéroport international, depuis plus de deux semaines, l’eau ne fait son apparition que vers 3h du matin, et seulement pendant une heure.

    “Tana a besoin de 300 000 mètres cubes par jour et il y a un déficit de 100 000 mètres cubes”, a chiffré le directeur général de la Jirama, Vonjy Andriamanga, jeudi matin, sur radio Antsiva. Ambatomaro, et Andraisoro, dans l’est de Tana, par exemple, sont particulièrement touchés. Vonjy Andriamanga les a d’ailleurs qualifiées de “zone rouge”. “A Andraisoro et Ambatomaro, la population souffre de ce manque d’eau, a-t-il reconnu. Bien évidemment, on sera amenés à rechercher des solutions durables et pérennes. La première solution est la station de traitement d’eau à Amoronakona qui est déjà fonctionnelle et qui a pu résoudre une partie de ce problème. On va aussi mettre en place d’autres stations conteneurisées dans d’autres endroits et on en implantera une deuxième à Amoronakona qui peut produire 100 mètres cubes par heure. On fera tous nos possibles pour conduire l’eau vers Ambatomaro. On mettra en place 8 stations et ce sera fait au cours du premier semestre. Enfin, on a déjà commencé à Ankadindratombo.” Le directeur général a également reconnu la vétusté des infrastructures.

    Un peu plus loin sur les Hauts-Plateaux, loin des tuyaux de la Jirama, le manque de pluie ruine l’agriculture. A Ambatondrazaka, une des deux grandes régions rizicoles de Madagascar. Le manque de précipitation est en train d’engendrer un autre problème : 70 % des rizières ne sont pas irriguées, aux dires de paysans locaux. A terme, il se pourrait que le riz local se raréfie sur le marché et devienne plus cher.

    Julien est agriculteur dans la commune rurale d’Ambohijanaka, près d’Ambatondrazaka. “Ces temps-ci, il peut moins, je dirais même qu’on a affaire à une sécheresse… Et c’est assez rare en cette période. En tout cas, c’est un très mauvais signe pour nous agriculteurs car la récolte n’est pas très bonne, et les légumes non plus. Mais en plus de ça, on vendra moins alors qu’on aura consommé autant d’intrants comme de l’engrais ou des semences, donc on perdra de l’argent et on aura aussi un problème de trésorerie à régler.”
    Par le passé, les conséquences des mauvaises récoltes et des catastrophes météorologiques dépassent souvent les domaines agricole ou ménager…. En 2010, des incendies et une grave sécheresse ravagent les récoltes de blé de la Russie, un des plus grands exportateurs de la céréale indispensable pour faire le pain. D’autres pays de l’ex-URSS sont touchés aussi : Kazakhstan et Ukraine. Résultat, la Russie impose un embargo sur l’exportation de blé, pour nourrir sa propre population. La demande se raréfie, les cours s’envolent de plus de 50%… Et en bout de chaîne, le prix du pain bondit dans de nombreux pays plus au sud, notamment au Maghreb et au Proche Orient. La faim s’accroît pour des millions de gens qui descendent dans la rue. Et en 2011, débutent les Printemps arabes, une série de contestations violentes contre des souverains autoritaires comme Hosni Moubarak en Egypte et Bachar Al-Assad en Syrie. Le prix du blé n’a évidemment pas tout fait… Mais il a été une des étincelles.

     

    Emre Sari et Tiana Ramanoelina

    Le Sud souffre toujours autant..
    “L’ONU a demandé mardi aux pays donateurs “une aide d’urgence de 76 millions de dollars” pour venir au secours de près de 1 million de personnes dans le sud de Madagascar, qui est touché par la pire sécheresse depuis 10 ans”, écrit l’Agence France Presse dans une dépêche de mardi 19 janvier. Et de citer Jens Laerke, un porte-parole Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (Ocha) : “Une personne sur trois dans le sud est maintenant frappée par une sévère insécurité alimentaire. En temps de sécheresse, une des stratégies de survie est d’envoyer des membres de la famille travailler dans les villes plus importantes, mais les déplacement entre régions ont été interdits pendants des mois de confinement contre la pandémie”. Espérons que les millions de dollars donnent à boire…

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