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Henry Douliot: journal du voyage fait sur la côte ouest de Madagascar (37)

Les Hova font aussi du rhum, mais ils le vendent et boivent peu. Le satra est aussi abondant sur les plateaux calcaires que sur les grès rouges et les dunes de sable, mais on n’en trouve pas dans le sol argileux où, au contraire, abondent les palétuviers. La côte occidentale de Madagascar a, par suite, deux aspects bien distincts ; de loin, on voit alterner à l’horizon la dune éblouissante et la forêt d’un vert sombre. Ici c’est de l’argile, là c’est du sable. Ici croissent les palétuviers, les songery, les afiafy, les rono ; là les satra, les lalanda et quelques arbustes rabougris disséminés.

Les rives de l’Anakabatomena, le grand bras sud du delta du Morondava, sont bordées de palétuviers, malgré le courant rapide du fleuve qui est bien plus fort ici qu’à Nosy Miandroka ; l’eau de mer reflue assez loin dans l’intérieur et chaque marée apporte aux palétuviers le sel qui leur est nécessaire.

Peu ou pas d’algues sur le sable ; pas de mollusques ; peu d’arénicoles ; la plage incessamment lavée par la vague est aride et nue. Après deux heures de marche lente, nous arrivons à Lovobé et nous passons l’Anakabatomena dans des pirogues à balancier ; nous stationnons pour le repas de midi à Ranobeantoandro, petit village hova situé sur la rive sud. Nous sommes reçus par le capitaine de la douane, dans une maison inachevée encore, dépourvue de toiture.

L’eau de l’Anakabatomena est saumâtre, mais on creuse dans le sable, très près de la mer, des puits qui n’ont pas 6 mètres de profondeur et qui s’emplissent d’eau douce ; on n’en boit pas d’autre ici, c’est de l’eau d’infiltration qui circule dans toute la vallée du Morondava, dans le terrain sablonneux, tantôt sur les couches d’argile, tantôt sur les couches de calcaires plus profondes.

À Lovobé, finit notre première étape ; il a fallu piler le riz et on a mangé trop tard, aussi ne nous mettrons-nous en route pour le sud que demain. J’en profite pour herboriser autour du village et chasser un peu. Nous n’avons fait en tout que 6 400 mètres.

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