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Henry Douliot: Journal du voyage fait sur la côte ouest de Madagascar (32)

D’Ampasimay à Ambiabé, où nous arrivons à 3 heures, ce n’est qu’une vaste rizière entourée de forêts. Laové et Taoria, qui est le chef d’Ambiabé, le masondrano nommé par la reine sakalava Rasaotsa qui siège à Mahabo, se partagent cette belle plaine.

Le village de Taoria, Ambiabé, doit son nom aux belles colocases qui bordent l’Andranomena, à quelques minutes au nord. Après le petit kabary habituel, on nous donne des cases pour nous loger, et nos hommes font cuire la volaille traditionnelle ; la femme du chef vient nous offrir du riz et du manioc, cadeau provisoire, puisque je dois séjourner ici quelques jours. J’ai à peine le temps de mettre mes plantes sous presse que déjà l’on n’y voit plus. Les Malgaches attendent ce soir le crépuscule avec impatience, car au moment où le soleil vient de se coucher, on aperçoit à l’occident le fin croissant de la lune, qui disparaît bientôt salué par les cris des assistants. Le lendemain mardi 7 juillet, je vais tuer quelques perroquets pour le déjeuner ; c’est sur des arbres dénudés, au milieu d’une clairière, que je les trouve posés en bandes, immobiles comme des cibles ; je n’en tue pas cinquante comme Fleuret hier, trois me suffisent et je rentre au village à 8 heures. Les enfants sont en train de chasser à courre un cochon gras, qu’ils finissent par attraper et qu’on dépose devant ma porte, les pieds liés. Puis gravement le chef et les notables forment le cercle, assis à terre, devant ma case ; Taoria m’expose qu’il me considère comme un roi, que ce cochon est à moi et qu’il ne donnerait pas davantage à la reine de Mahabo ; il me prie ensuite d’accepter ses sahafa de riz, de maïs, de manioc, que les femmes du village apportent et déposent à mes pieds. Je lui réponds que je suis malhabile encore à parler la langue sakalava et le prie d’excuser mon peu d’éloquence et d’accepter mes remerciements ; puis je vais lui serrer la main. Tsialofa prend alors la parole et complète mon discours par les formules d’usage, disant qui je suis et ce que je projette.

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