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Chronique : Nos ancêtres les Malgaches

Un peu d’histoire pour cette chronique, largement inspirée par une émission de radio française que j’ai voulu réécouter suite aux troubles qui ont secoué l’Ecole Normale Supérieure ces derniers jours.

Le cours de l’histoire diffusé le 2 novembre 2020 sur France Culture portait sur Les hussards noirs de la République ou les combats pour l’école laïque. Dans la France métropolitaine de la fin du XIXè siècle et du début du XXème siècle, « les hussards noirs sont les combattants de l’instruction publique. (…) Ses instituteurs vont devoir faire la preuve de l’efficacité pédagogique de cette école et montrer l’intérêt que peut avoir le principe de liberté de conscience. (…) Il s’agit de faire de la citoyenneté une appartenance qui unit tous les Français par-delà la diversité de leurs croyances religieuses ou de leurs options philosophiques».

« Dans les colonies, l’école est ultraconservatrice, elle ne vise pas à former des citoyens, mais pour reprendre les termes d’un gouverneur général elle vise « à former des hommes utiles ». Dès 1924, l’enseignement de la Révolution française y est interdit. Et contrairement à ce que dit la légende, la politique scolaire indigène n’a jamais tenté de nous  faire croire que nos ancêtres étaient gaulois. Bien au contraire, l’école dans les colonies s’inscrit dans la lignée des idées racialistes du XIXè siècle. Elle est duale et discriminatoire.

Aujourd’hui, le temps des colonies est révolu. Il est admis, au moins chez les gens honnêtes, qu’il ne faut pas chercher de bienfaits ou d’aspects positifs de la colonisation. Nous n’avons plus de lycée Jules Ferry ou de lycée Gallieni, même si l’usage maintient ces noms comme nous entretenons la légende de « nos ancêtres les Gaulois ».

Mais nous avons une école normale supérieure, pensée sur le modèle de l’école normale qui formait les hussards noirs de la République. Et je me demande si son objectif est de « faire de la citoyenneté une appartenance qui unit tous les Malgaches par-delà la diversité de leurs croyances religieuses ou de leurs options philosophiques ». Ce serait bien.

 

Kemba Ranavela

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