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Henry Douliot: Journal du voyage fait sur la côte ouest de Madagascar (31)

Le foyer est limité par trois pierres plates, posées à terre, entre lesquelles aboutit un vieux canon de fusil qui reçoit l’air (par un ajutage que je n’ai pu voir) d’un soufflet composé de deux tubes en bois, dans chacun desquels est un piston, et qui forment une vraie pompe foulante ; j’ai vu la même installation à Ambiabé. Dans le nord-ouest et dans le sud-ouest, on fait usage d’un autre système : c’est un soufflet en peau de chèvre, formé de deux outres qu’on presse avec la main.

À 1 h. 50, nous repartons du côté de l’est et nous trouvons bientôt l’Andranomena qui coule vers le nord-est, inondant une large vallée où poussent abondamment des colocases, des joncs et des roseaux, et dans laquelle on cultive du riz, beaucoup moins toutefois qu’on ne le ferait si on avait des travailleurs.

On peut cependant quelquefois avoir ici d’excellents travailleurs, ce sont les Antaimoro ou Ampilokalefo, qui viennent de la côte sud-est et traversent obliquement tout Madagascar pour venir gagner un petit pécule avec lequel, de retour chez eux, ils achètent des bœufs, la seule richesse qu’ils estiment. On les paye en toile ou en poudre : ils reçoivent une brasse de toile (1 m. 80) pour quatre jours de travail ; ils font deux fois la besogne d’un Sakalava et, après trois mois de fatigues, ils retraversent l’île, risquant vingt fois d’être pillés par les Hova, par les Bara et par les Mahafaly. Ils sont, du reste, indignement exploités par le gouverneur hova de Mahabo, l’illustre Razafindrazaka, homme intelligent et instruit qui est un ancien élève des missions protestantes de Tananarive. Il y a cinq mois, ce noble seigneur engagea à son service 200 Antaimoro pour faire des plantations et convint avec eux de 10 kilogrammes de poudre par homme pour trois mois de travail ! Le travail terminé, il s’excusa de ne pouvoir les payer, sous le prétexte qu’il attendait une goélette chargée de marchandises. Un mois après, les Ampilokalefo réclament à nouveau leur salaire ; la goélette n’est toujours pas arrivée. Un nouveau mois s’écoule et Razafindrazaka refuse définitivement de payer, menaçant de mort ceux qui réclament ; ces braves Antaimoro, renonçant à obtenir satisfaction, s’en sont retournés, abandonnant tous les travaux commencés. C’est ainsi que les Hova ruinent la côte occidentale de Madagascar.

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