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Henry Douliot: Journal du voyage fait sur la côte ouest de Madagascar (30)

Comme Tsialofa me sert tout à la fois d’interprète, d’ambassadeur et de guide, j’ai engagé un homme de bonne volonté à Ampatikia au prix d’une brasse de toile pour la journée ; Rehamota et lui se partagent la charge, tandis que Tsialofa porte mon fusil, ma boîte verte et les cartouches. La pirogue est abandonnée ici au sec, la voile est restée à Ampatikia, et on cache les rames dans la forêt.

Au delà des palétuviers, nous trouvons le désert, car le sable est trop salé pour que les arbres y poussent, trop sec pour que les tanga, les afiafy, les songery, les fobo y végètent ; sur une largeur de plusieurs kilomètres, il est blanchi par les efflorescences de sel ; les anciennes empreintes des pas de bœufs sont remplies de cristaux.

À mesure qu’on s’éloigne de la mer, la végétation augmente peu à peu. D’abord au ras de terre les sirasira, petites plantes grasses, dont les feuilles gonflées d’un suc salé peuvent servir à assaisonner les mets, et dont je recueille plusieurs espèces distinctes ; puis des lombiro, des satra, des kalalo (palmiers des sables), des fatipatiky, des singilofoty, grands arbustes, et, au delà, de grands baobabs, fony et reniala, qui dépassent tous les autres arbres de plusieurs brasses. Sur la lisière du désert, végètent en foule les laro, dont les tiges vertes contiennent un suc blanc vénéneux très abondant, dangereux à recueillir, mais dont on pourrait faire un excellent caoutchouc. Enfin, nous entrons dans la forêt et, après une heure et demie de marche dans un sentier sinueux où nous nous suivons à la file, nous arrivons à Ampasimay.

Ampasimay est un village d’une trentaine de cases sous l’autorité de Laové, comme Ampatikia que nous avons quitté ce matin. Il est situé dans une clairière, tout près de l’Andranomena qui arrose ses rizières. Nous y trouvons le chef Laové, qui nous souhaite la bienvenue et nous donne du riz et des poulets, une natte pour nous reposer, un foyer pour cuire nos aliments, et nous campons pour déjeuner à côté d’une forge sakalava.

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