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Chronique: s’habiller d’un esprit neuf

Demain débute le renouveau, parole de Docteur Coué ! Certes la réussite pour le bien du pays dépend en premier lieu de l’art du nouveau Président, de son savoir-faire à manier la réalisation du projet à l’égal du brio de la présentation qu’il en a faite, mais aussi de la façon de chacun à vouloir y contribuer. Qu’importe la posture à retourner ou non le gilet pour en exhiber une face orange, tout se passe dans la tête, histoire d’épouser un nouvel état d’esprit.

Andry Rajoelina n’a peut-être pas fait une bonne pioche en se portant candidat, mais il l’a fait en connaissance de cause pour la bonne cause. De ne pas avoir économisé les critiques concernant la précédente gestion des affaires, le Président Rajoelina n’ignore donc rien de l’état catastrophique dont il hérite, ce qui le prive d’en faire un argument pour se défausser en cas d’échec, échec dont il n’envisage pas l’hypothèse. Il demeure que tout seul il n’y arrivera pas : Président de tous il a besoin de la participation de tous. Pour se faire bien entendre cet appel nécessite éclaircissement, plus qu’un appel il signifie un rappel, celui des règles. Il ne s’agit pas d’une injonction à rallier  tout le monde derrière son panache, la liberté permet à chacun d’avoir ses idées, de les exprimer et de les défendre. Au-delà de cette liberté le sentiment patriotique, le régime de démocratie, les valeurs républicaines, dictent des principes auxquels tous doivent se conformer. Dans l’exercice de la liberté chacun trouve droit à soutenir l’action que conduit le Président ou à l’inverse s’y opposer. S’y opposer signifie mener combat pour convaincre d’une meilleure pertinence des propositions que l’on persiste à présenter, sans pour autant autoriser à faire de l’obstruction. Faire barrage à la réalisation du projet que mène le Président, équivaut à diminuer les chances de réussite du projet qu’il s’efforce de réaliser, alors le peuple lui a signifié sa préférence pour confier son destin. Confisquer au peuple la chance d’une réussite à la façon et par le truchement d’une personne tel que le peuple l’a décidé, ne satisfait ni à l’idée de démocratie, ni au sens patriotique. À l’opposé, les partisans du Président rendraient aussi un mauvais service au pays à vouloir faire preuve de zèle par des manifestations systématiques de louanges jusqu’à verser dans un culte de la personne.

Sans militer en faveur d’un camp politique, nombreux au sein de la population désirent aussi prendre part aux débats. Des corps intermédiaires existent pour donner champs aux paroles des neutres et des anonymes. Selon l’influence qu’ils acquièrent ces forces constituent des centres de contre-pouvoir. Par elle-même l’appellation dit que ceux-ci n’ont ni ne partagent le pouvoir, et ici «contre» ne signifie pas «anti». La formule entend qu’il s’agit d’éléments servant à baliser la pratique du pouvoir, à endiguer contre les outrances et contre les menaces de dérive.

Léo Raz               

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