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Henry Douliot: Journal du voyage fait sur la côte ouest de Madagascar (29)

À 3 h. 20, nous sommes par le travers d’Ambato, village formé de quelques maisonnettes en avant des palétuviers, sur une dune de sable. À 3 h. 50, Ampatikia est en vue. À 4 h. 5, nous entrons dans le petit golfe entre deux caps de sable. Le vent ne nous permet pas d’aborder directement au village qui est en dedans de la pointe sud. Nous accostons à sec sur la plage, nous enlevons la voile et traversons à la rame la baie dont l’eau est rouge comme celle de l’Andranomena. Un grand boutre, une demi-douzaine de pirogues sont là sur le sable, en face du misérable petit hameau d’Ampatikia.

Laové, le chef, est absent. Nous allons loger dans une case vide, dont le maître est actuellement à Nosy Miandroka ; elle est si petite que le lit en occupe plus de la moitié, si basse qu’on ne peut se tenir debout sous le faîte et si mal close que le vent du sud qui nous a amenés éteint ma bougie à chaque instant. Il fait nuit noire ; pas le plus petit rayon de lune. On plume quatre perroquets choisis parmi les cinquante-deux tués ce matin par Fleuret à Ampasy, et, pour faire du feu, Tsialofa débite, à coups de hache, un tronc de songery terriblement dur ; ici nous ne trouvons ni riz, ni maïs, il n’y a que quelques racines de manioc pour lesquelles on refuse un de mes plus beaux colliers de verroteries. À 7 heures, nous mangeons les perroquets ; les hommes se font une tente avec la voile de la pirogue et nous essayons de dormir. Dès l’aurore, nous repartons, toujours en pirogue, mais sans voile, à la rame, jusqu’au fond de la baie, puis nous remontons le cours d’une petite rivière ou plutôt d’un bras de mer étroit, au milieu des palétuviers ; après deux heures de canotage, cette rivière est devenue tellement étroite que la pirogue touche les deux rives ; ce n’est plus qu’un ruisseau fangeux d’eau salée, où nous sommes embourbés. On hale la pirogue parmi les palétuviers et l’on taille à coups de hache des branches de tangampoly et d’afiafy pour en faire des palanches à porter mes bagages qui se composent de deux pièces de toile, l’une rouge, l’autre blanche, en tout 24 brasses, d’un baril de poudre de 2 kilos, de 1 litre de rhum, de 2 bouteilles de vin, de sel, d’un peu de graisse, de papier à herbier, de grelots, de perles, de colliers, de clous dorés, de fleurons, de couteaux, etc., de quoi charger deux hommes.

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