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    Chronique : Au nom de l’Amour

    Dans le monde d’avant la Covid-19, on vendait de tout, ou presque. On vendait des voitures de seconde, de troisième voire de quatrième main sur des places ou des parkings qui n’étaient pas destinés à être des salons de l’automobile mais qui n’ont eu aucun mal à le devenir, tant nous avons l’art et la manière de transformer les règles et les usages. Chez les brocanteurs, on trouvait de tout, ou presque. Un bon bricoleur pouvait trouver son bonheur pour son réfrigérateur ou son installation électrique. En prenant le temps de chiner, il pouvait aménager son intérieur de pied en cap. Au marché des friperies, on pouvait habiller toute la famille, ajouter à sa ménagère de jolies tasses à café, choisir les jouets pour les cadeaux de Noël ou même quelques romans qu’un marchand de fortune proposait entre des légumes et du linge de maison. C’était avant la Covid-19 et on croyait avoir tout vu.

    Le monde d’après ne s’est pas encore annoncé. Mais on sent déjà les prémices d’un monde qui nous réserve encore des surprises parce que non, on n’avait pas tout vu.

    Si vous lisez la presse papier, vous n’avez pas manqué ces prémices du monde de demain qui se sont traduits ces derniers jours par une annonce pour le moins originale :

    « Nous cherchons en urgence un donneur de rein pour un bien aimé. Prière de nous contacter pour une discussion plus détaillée, les médecins disent que les risques sont minimes pour les donneurs. Groupe sanguin B+ ». Suit le numéro de téléphone où joindre ceux qui cherchent un donneur.

    Dans le monde d’avant, on se serait interrogé sur une telle annonce. Non qu’on s’offusque du caractère urgent de la demande. On devine que le bien aimé est dans un état critique et que les médecins n’ont pas de solution miracle à proposer au patient. Il doit trouver un rein.

    Dans le monde d’aujourd’hui, comme dans le monde d’avant d’ailleurs, je me demande si la compassion ou un amour sans limite pour son prochain est suffisant pour qu’un individu donne son rein à un inconnu, sans contrepartie. Malgré mon incorrigible foi en l’humain, je n’en suis pas convaincue.

     

    Kemba Ranavela

     

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