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Grand Sud: 90% des communes, touchées par la famine

Grand Sud: 90% des communes, touchées par la famine

La situation alimentaire dans Deep south reste préoccupante. La distribution des aides et les soutiens aux victimes sont désorganisés et non-coordonnés. Les autorités sont alors obligées d’élaborer une structure organisationnelle afin de mettre en œuvre des projets et actions communs.

Les chiffres parlent d’ eux-mêmes. D’après le général Demosthène Pikulas, représentant du ministre de la Défense nationale, la famine et l’insécurité alimentaire touchent près de 90% des communes se trouvant dans le Grand Sud.

« Il est encore trop tôt pour présenter des chiffres exacts sachant qu’actuellement nous sommes en train d’effectuer un recensement général. Jusqu’ici, nous n’avons en notre possession que les données complètes issues de la commune d’Ifotaka, mais d’après les responsables des cellules opérationnelles, la situation est à peu près pareille dans les autres communes », a-t-il expliqué.

Des réponses immédiates s’imposent car la sécheresse qui sévit actuellement dans cette partie de l’île a déstabilisé les chaînes d’approvisionnement alimentaires. Elle a également entraîné des conséquences dramatiques sur la population, en général, et sur les enfants qui souffrent déjà de malnutrition, en particulier.

Pas plus tard que cette semaine, un enfant en bas âge a perdu la vie très probablement à cause de la famine. Ce n’est qu’un cas parmi tant d’autres. Souffrant d’une perte de poids et d’une minceur extrême, un adolescent de 17 ans n’arrivait plus à se tenir debout sur ses deux pieds. Il ne pèse pas plus de 16 kilos.
Son cas, comme celui des autres victimes, est suivi de près par une équipe médicale de l’armée à Sampoina. Toujours à Sampoina, une scène à fendre le cœur s’est produite quand une écolière d’à peine 7 ans a montré une sauterelle qu’elle entend prendre comme goûter.
Centre de coordination

Ces derniers temps, des vivres et des secours d’urgence ont été acheminés dans le Grand Sud. Mais afin d’améliorer l’efficacité de l’ensemble des opérations de dispatching, deux centres de coordination opérationnelle de lutte contre le kere (CCO-K) ont été officiellement établis dans les régions Androy et Anosy.

Le CCO-Androy est in­stallé dimanche dans les locaux du BNGRC à Am­bovombe et celui de l’Anosy, le lendemain au «Lapan’ny Tanàna» d’Amboasary Atsi­mo. Conformément aux con­signes du Premier ministre, la coordination des actions de lutte contre ce fléau a été confiée au ministre de la Défense nationale, le général Richard Rakotonirina, qui s’est déplacé dans le Sud pour l’occasion.

« Nous avons délégué un certain nombre de spécialistes. Des médecins spécialistes pour s’occuper des volets sanitaire et médical de la crise. D’autres spécialistes se chargeront du volet sécuritaire pour affiner les stratégies de sécurité. Pour ce dernier volet, 600 éléments du Bataillon multi-missions sont déjà sur place. Ceci étant, le CCO-K sera chargé de tout superviser, de prendre toutes les décisions qui s’avèrent nécessaires et opportunes de manière à ce que le centre soit cohérent et efficient. On ne veut pas d’actions individuelles. Dans ce sens, il est demandé à tous les acteurs de se conformer aux décisions prises par le CCO-K pour ne pas éparpiller les efforts », a-t-il déclaré. Des techniciens, informaticiens et militaires ont également été dépêchés à Ambovombe et Amboasary Atsimo pour aider les unités de recensement.

En effet, le centre va travailler avec des données précises. Les recenseurs vont visiter chaque foyer et recueillir des informations détaillées et complètes en vue d’atteindre des objectifs rentables et viabilisés, aussi pour que les gouvernants puissent prendre les décisions qui s’imposent en termes d’approvisionnement en médicaments ou de vivres et éventuellement, en termes de sécurisation de toute la chaîne de lutte. Les aides seront ainsi distribuées selon les besoins de chaque personne et chaque foyer.

Sécurisation maximale

Rien n’a été laissé au hasard dans cette lutte contre la famine dans le Grand Sud. Près de 600 militaires du Bataillon multi-mission 3 (BMM-3) ont été déployés afin de sécuriser les opérations. « Chaque nuit, mes hommes effectuent au moins trois rondes. Pour des raisons de sécurité, je ne peux pas vous dévoiler leurs itinéraires. En tout cas, ils passent d’un village à l’autre », a souligné le commandant Damien Aristide Razafimahatratra, commandant du BMM-3.
Le district d’Amboasary Atsimo a toujours été classé zone rouge en matière de vols de zébus. Mais la situation est tout autre actuellement. « Auparavant, il n’y avait qu’ une seule nuit qui passe sans qu’on n’entende des attaques de dahalo. Depuis l’arrivée du BMM-3, un changement radical a été observé. Avant, nous n’avons pas pu sortir la nuit. Actuellement, les gens peuvent vaquer à leurs activités quotidiennes », a témoigné J. Richard Rakotonirina, maire de la commune d’Am­boasary Atsimo.

Des équipements complets

Outre le moyen humain, un lot de matériel informatique a été acheminé dans les régions Androy et Anosy afin d’assurer l’efficience et la coordination de la lutte. Ceci est composé, entre autres, d’ordinateurs complets, laptops, vidéos-projecteurs et d’imprimantes. «Nous avons là un outil ultra complet. Ces équipements vont nous permettre d’anticiper nos actions ou de suivre en temps réel l’évolution de la situation. Il nous reste à agir, à donner notre volonté et notre dynamisme pour le succès du CCO-K. Nous avons mobilisé plusieurs personnes et mis du matériel performant à la disposition des deux centres. C’est pour montrer que nous avons un combat à mener. Nous n’avons plus de temps à perdre pour les discussions futiles. Il faut vaincre ce fléau dans le plus bref délai », a précisé le général Richard Rakotonirina.

Actions rapides, résultats pérennes

Eradiquer le kere dans le plus bref délai. Des membres du Gouvernement feront de temps en temps le déplacement dans le Sud en vue d’atteindre cet objectif. « Moi personnellement, je vais m’établir ici pendant quelque temps car hormis cette éradication, le but ultime est de trouver une solution pérenne au kere », a expliqué le général Richard Rakotonirina.
Pour ce faire, il a mis à la disposition des habitants de Sampoina et des localités riveraines un tracteur pour labourer les champs.

« Cet engin arrive à point nommé, car à cause des dahalo, nous n’avons plus de zébu pour le labourage. A cause de cette sécheresse, le peu de zébus qui nous restent, sont faibles. C’est à peine s’ils peuvent tenir sur leurs quatre pattes », témoigne un habitant de Sampoina.

« Les gens peuvent utiliser le tracteur gratuitement. Nous allons également leur fournir des semences », a indiqué le ministre, avant d’ajouter que la mise en place d’un système de transfert d’eau par pipeline, depuis la rivière Ifaho, «est également envisageable».

Page réalisée par Mparany

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