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Pérégrinations hebdomadaires

Insalubrité de l’état d’urgence même sanitaire
Propice aux situations ambiguës

Le respect approximatif accordé par nombre d’individus aux dispositions adoptées pour combattre la prolifération du coronavirus exprime le plus souvent une absence de bonne volonté sans que ça ne soit nécessairement une manifestation de mau­vaise volonté. Même pour des choses à leur avantage, beaucoup de gens n’ont pas le sens des normes, entre le bien et le pas bien existe une zone floue où flotte une gamme «d’à- peu-près» dans laquelle ils puisent ce qu’ils pensent seoir à ce qu’on leur demande.
En temps de «guerre» on ne peut pas composer avec des approximations, l’enjeu étant «tous droit si­non tous en danger». Dans l’absolu il n’y a que l’application stricte de sanction pour tout manquement à une règle afin d’exiger un respect de l’ensemble des dispositions par tous. Ici dans la réalité rapidement on se heurte à l’incapacité ma­térielle d’une majorité de la population à se conformer exact aux mesures. San­ctionner l’incapacité ne ferait que redoubler l’in­justice dont le sort accab­­le déjà ceux qui portent malgré eux ce handicap.
En dessous du seuil de pauvreté, à partir du ni­veau où l’on peine à satisfaire
les besoins essentiels, tout effort supplémentaire con­stitue un extra. Ainsi l’achat d’un masque peut constituer un extra à compter du moment où ça rogne sur l’essentiel. Ça grève sur le budget (?) riz que ça s’apparenterait à une fantaisie à un caprice, pas un luxe, terme excessif quand on parle de pauvreté.

Introuvable mesure
punitive
Face aux ravages de la pandémie dans le monde, en attendant la mise au point d’un vaccin pour préserver contre la maladie du covid 19 ou l’établissement de traitement pour en guérir, il faut ériger des barrières les plus étanches pos­sible afin de protéger au mieux l’ensemble contre la prolifération du virus. Si la finalisation du vaccin et de médicament nécessite en­core du temps, le recours à une des recettes de pharmacopée traditionnelle, en formule améliorée grâce à la collaboration et la caution d’un institut de recherches scientifiques ( IMRA ) trouve raison même si ça heurte des lobbies et les in­térêts qu’ils défendent. À l’évidence d’avoir entrepris l’opération CVO façon TGV ne fait pas l’unanimité, mais il n’y a pas de quoi s’étriper.
Du côté des mesures connues pour faire barrière au coronavirus une fois de plus leur mise en application pose problème. De­meurent les questions de moyens qui mettent en relief les inégalités, l’urgence de la situation les relègue à l’arrière plan, apparaissent des guéguerres de concurrence (les masques) et si scandaleux que soient certains comportements, pas le temps de s’y attarder. Les choses urgent, un jour à tergiverser peut facturer le coût en nombre
de décès. À chacun de se débrouiller avec les moyens de bord. Le confinement semble à portée de tous, mais la facture s’annonce amère, à hauteur ou supérieure à la capacité de chacun à s’endetter. Il en va ainsi au niveau de chaque pays, à l’échelle individuelle aussi certaines considérations modèrent l’idée à devoir appliquer de façon rigoureuse le confinement. Au delà de l’injustice du sort on risque d’en commettre une autre en exigeant des indigents vivant à 6 dans 10 mètres carrés de se confiner avec la rigueur morale qu’y mettent des familles de 4 personnes logées dans 150 mètres carrés . De plus ne disposant de réserve ni financière ni en vivres les petites gens ne peuvent tenir longtemps sans devoir sortir et aller à la débrouille pour espérer trouver de quoi caler leur estomac. Malgré ces considérations on estime devoir sanctionner les infractions à ces règles, mais l’équilibre à trouver entre nécessité et équité requiert un bon dosage des impératifs de la science et du sens humain. La surpopulation carcérale ne permet pas d’envisager bourrer les prisons avec des centaines voire mil­liers/jour de nouveaux dé­tenus coronavirus. On ne peut davantage imaginer des peines d’amendes, la majorité des contre-venants est insolvable, de plus en cette période floue, ça ne ferait qu’aider l’épanouissement du virus «corruption» dans un climat qui lui est déjà favorable malgré la lutte que l’on mène contre cet autre fléau.

Entre peine affligeante et sanction éducative
Conclure un peu tôt et parler d’une victoire se­raient hasardeux, en considération des surprises que la bête réserve encore aux scientifiques. Méfiance obli­­ge à ne pas baisser la garde même lorsque les chiffres laissent croire que l’on est parvenu à contenir la propagation de l’infection. Toute imprudence peut créer un appel d’air et activer un ressac vigoureux. D’un autre côté la frilosité dans laquelle le coronavirus a confiné les sociétés, obligeant à réduire les activités, a eu raison du système planétaire et réussi à hypothéquer chacune des économies nationales. Re­démarrer au plus tôt se fait indispensable, chaque maison menace de s’écrouler d’elle-même. Madagascar n’échappe pas à ces impératifs aux forces opposées : «des vies ou l’économie !» (la bourse ou la vie). Com­me partout on pourrait relever des dispositions qui semblent s’opposer. Les finalités ne sont pas toujours évidentes aux yeux de tous. Seulement la guerre n’est pas finie : tous soldats soumis à une discipline majeure : tous alignés comme un seul homme, les fautifs affectés à la corvée ! La corvée ici consiste à effectuer des travaux d’intérêt général. Ce n’est pas nouveau. Pourtant si on l’applique sans exception à tous ceux qui enfreignent les règles, cette sanction peut calmer les fortes têtes, différentes des mauvaises têtes qui, elles, s’enfichent de tout et parfois cherchent surtout à semer le désordre. Ces genres d’infraction re­lèvent d’un autre ordre. Une des ambiguïtés détestables que favorise l’état d’urgence. Existe un dénominateur commun, l’impatience à en finir avec cette période, au­tant se conformer au principe de faire l’unité derrière un seul commandement.

Léo Raz

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