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Maurice Auguste Benyowsky

Mémoire concernant l’expédition à Madagascar (123)

 

Hélas ! mon grand âge ne me permet point de partager votre bonheur, mes amis, et mon esprit ne sentira pas les témoignages de reconnaissance dont vous pourrez honorer ma tombe. » À ces mots, il se tourna vers moi et continua en ces termes. « Et toi, digne fils du sang de Ramini, implore l’assistance de Dieu qui t’éclaire de son esprit. Sois juste, aime ton peuple comme tes enfants, que leur bonheur soit le tien, et ne sois point étranger à leurs besoins et à leurs infortunes. Gouverne et assiste de tes conseils les Rohandrians et les Anacandrians ; protège les Voadziri ; veille avec un soin paternel sur les Lohavohites et les Philoubey ; emploie pour le bien général les Ondzatsi et les Ambiasses, et ne méprise pas les Ampouria ; fais qu’ils regardent leur maître comme leur père, ainsi qu’il en était du temps de notre père Ramini. »

Ce discours fini, il remit la zagaie entre mes mains, et se prosterna devant moi ; ce que firent ses compagnons et tous les chefs rassemblés. Enfin je vis plus de cinquante mille hommes prosternés devant moi. Raffangour me pria de faire une réponse publique, qu’il répéta en ces mots : « VelounRaminiha, velounOulounMalacassa, velounRohandriani, Anacandriani, Voadziri, Lohavohites, Philoubey, Ondzatsi, Ambiasses, Ampouria, veloun, velounZafféAminiha, MitombaZahanhar. » C’est-à-dire, longue vie au sang de Ramini ! longue vie à la nation Madécasse ! etc., longue vie au sang de nos pères ; et puisse le Dieu qui créa le ciel et la terre nous accorder à tous une longue carrière ! Le peuple jeta de grands cris, au nom de chaque classe que je prononçais, et enfin se releva ; quand tout le monde fut debout, je continuai mon discours en disant que je reconnaîtrais la faveur du ciel qui m’avait ramené dans la terre de mes pères ; que j’emploierais toute ma vie à écouter ce que l’esprit de Dieu m’inspirerait, afin que chaque individu de la nation pût me regarder comme un père. Je priai les Rohandrians et les autres chefs, jusqu’aux Voadziri inclusivement, de m’assister de leurs conseils. J’engageai les Lohavohites à exécuter fidèlement les ordres qu’ils recevraient, et j’assurai les Ampouria que les lois affaibliraient les inconvénients de leur misérable état d’esclavage.

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