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Chronique : illusion de la prospérité

C’est la crise, mais pas pour tout le monde. Quelques secteurs d’activités semblent miraculeusement épargnés par la morosité ambiante. Le bâtiment fait partie des heureux élus. On érige des immeubles dans tous les quartiers de la capitale et dans les plus grandes villes du pays. Réjouissons-nous de toutes ces constructions, nous allons pouvoir loger toute cette population qui n’en finit pas d’augmenter !

Les réjouissances sont de courte durée quand on s’intéresse de plus près au type de logements proposés à la vente et la location. La clientèle ciblée par les promoteurs immobiliers tient dans un mouchoir de poche puisqu’il s’agit des catégories sociales excessivement favorisées. A compter le nombre croissant des maisons (ou villas pour être dans le ton) et des appartements aux normes dites internationales, on se dit naïvement que la prospérité n’est pas qu’une illusion si l’offre répond à une réelle demande de logements.

L’illusion de la prospérité comme la naïveté cèdent très vite la place à la lucidité quand on compare le montant des loyers de ces nouvelles constructions aux revenus des catégories socioprofessionnelles supérieures, à qui ces logements sont inaccessibles. Mais alors, pour qui construit-on ces immeubles et ces résidences dits de standing ? Visiblement pas pour cette population qui n’en finit pas d’augmenter et doit aussi se loger à la mesure de ses moyens.

Si construire des habitations à loyer modéré est une priorité, elle est secondaire. ll y a bien quelques rares tentatives loin, très loin des centres urbains. Mais les nouvelles cités sont peu attractives quand on travaille en ville et qu’on est tributaire des transports collectifs. On optera plus raisonnablement pour un logement sans normes, pas trop éloigné d’un arrêt de bus.

La lucidité n’empêche pas les questions faussement naïves : cui prodest ? A qui profite l’illusion de la prospérité ?

 

Kemba Ranavela

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