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Mercredi ! École buissonnière: Entre persuasion et dissuasion

Les autorités autant qu’une bonne partie de la population, lasses à la fois qu’effrayées par la dimension que prend le coronavirus à se propager, en considération d’une explosion du nombre de personnes testées positif, s’interrogent sur les raisons de cette aggravation alors que durant une période assez longue on a su contenir la pandémie en étant capable de suivre le virus à la trace. Il n’y a pas à se faire d’illusion, le moment est crucial, sans réaction musclée d’urgence la situation menace d’échapper dans un sens où l’on n’aurait plus qu’à s’abandonner aux caprices du sort. Chaque jour on approche le seuil où l’on perdra totalement la maîtrise de la situation, seuil que l’on peut fixer à l’instant T lorsque le nombre de personnes atteintes par le virus dépasse la capacité d’accueil pour leur administrer les soins appropriés en fonction des manifestations variables de la covid 19. En ce domaine dans un souci d’efficacité et de ne griller aucune part du peu de chance qui reste, une honnête objectivité à regarder en face la réalité ne serait pas du luxe. Les infrastructures et structures dont on dispose, malgré les efforts remarquables déployés ne suffiront pas à éviter l’hypothèse d’une catastrophe si on se rapporte aux moyens développés dans des pays qui en avaient les moyens et qui pourtant se sont inclinés à enregistrer des milliers de victimes décédées de la covid 19. A l’heure actuelle, toute polémique pour savoir si l’on a franchi ou non le seuil d’une rupture d’équilibre entre danger et moyen de défense ne constitue que perte de temps, alors qu’à coup sûr peu de temps reste le peu de chance à espérer renverser la situation. Nul n’ignore que ce peu de chance réside uniquement dans l’exécution d’une discipline suivie par tous à respecter de manière stricte les mesures destinées à se protéger individuellement du coronavirus et à en combattre la propagation.

Sensibiliser et persuader
Depuis le temps que l’on a multiplié en nombreux domaines, ateliers et cycles de formations destinés à dispenser la technique d’encadrer des groupes et l’art d’animer la population, le pays dispose de toute une réserve de compétence en la matière. Face au danger que courent le pays et toute la population, le concours de ces personnes ne serait pas de trop. Faisant du cas actuel une priorité nationale légitime, mobiliser ces ressources apparaît obligation. Suspendre les activités respectives de ces formateurs et animateurs dans la branche où chacun s’est spécialisé ne serait qu’un mal secondaire, en rapport à la puissance de l’expertise qu’ils peuvent apporter non seulement pour sensibiliser la population à l’importance des mesures de prophylaxie, mais surtout pour persuader les gens de leur efficacité et initier à leur application de manière conforme.
Les gens ont peur. S’il est nécessaire de leur rappeler la gravité du danger dont menace la propagation du virus, le plus gros du travail consiste à persuader la population que l’instinct de conservation qui pousse à chercher par mille et une manière pour trouver de quoi « bouffer », ne doit ni effacer la peur du « corona » comme ici on le nomme familièrement, ni surtout finir par émousser les réflexes indispensables autant de protection personnelle que de sauvegarde du groupe. Le port et l’usage du masque particulièrement nécessitent que l’on persuade les gens et de l’utilité et du mode d’utilisation. Nombreux se servent encore du cache-bouche seulement comme moyen de jouer à cache-cache afin de déjouer les forces de l’ordre dans un jeu de police-voleur. Si souvent la peur du gendarme constitue un début de sagesse ici tel n’est pas nécessairement le cas, encore que les sanctions s’avèrent sans doute nécessaires pour dissuader les récalcitrants par inconscience.

Nécessité, limite et danger d’un arsenal de dissuasion
Passe pour incivisme et constitue une infraction tout acte qui occasionne désordre ou représente danger pour la société. En l’espèce le non respect des règles de prévention contre la propagation de la pandémie vaut sûrement faute lourde du point de vue de la morale, s’il en va autrement de la qualification sur le plan juridique. On hésite à qualifier de délit l’infraction, on tend à la traiter commission d’une infraction de simple police. Les forces de l’ordre disposent de conditions limitées présentant des réalités parfois contradictoires. La capacité d’accueil des violons est restreinte en rapport au nombre de contrevenants, aussi la sanction relève d’une sorte de loterie, mais ici ce sont les malchanceux qui emportent le gros lot de passer 48 heures au violon. L’inconfort à supporter les conditions immondes n’est que moindre mal en rapport aux risques que les « retenus » y courent si par malheur un positif qui s’ignore et que l’on ignore comme tel se trouvait dans le lot. En raison de la surpopulation et de la promiscuité le risque de générer des clusters est élevé, la solution s’avérerait pire que le mal.
On aurait pu imaginer donner aux fokonolona la responsabilité d’assurer eux-mêmes le rôle d’organiser la police pour protéger de ce danger les habitants de leurs territoires respectifs, ils savent le faire et l’assumeraient avec fierté. Ici les récalcitrants mais de façon générale les gens éprouvent une sorte d’appréhension particulière à devoir affronter une réprobation sociale populaire. Toutefois on sait les dérives qui peuvent en découler : zèle, excès d’autorité, abus de répression, érection d’une Justice populaire.
Difficile de concevoir une sanction applicable de façon juste et sans risque pour dissuader les fautifs qui mettent en danger la population. Reste une compétence que l’on peut mettre à contribution pour entreprendre une campagne musclée de proximité afin de sensibiliser et de persuader à propos de l’importance vitale de l’obligation à adopter les comportements indispensables pour en finir de cet ennemi et du danger dont il nous menace tous.

Léo Raz

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