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Maurice Auguste Benyowsky

Mémoire concernant l’expédition à Madagascar (121)

 

Le 5, je reçus de différents chefs des présents considérables en esclaves, bestiaux et riz que je distribuai aux troupes. Ce jour même, après avoir assemblé la colonie, je leur déclarai qu’ayant assuré leur tranquillité du côté des naturels, et pourvu à leur subsistance jusqu’à ce qu’ils pussent recevoir des ordres de la cour, j’allais les quitter et ne voulais plus garder le commandement. Leurs larmes furent toute leur réponse, et je n’entendis que ce cri unanime : « Non, nous ne perdrons pas notre père ! »

Le 6, l’interprète annonça que six chefs députés étaient arrivés avec un nombre considérable de gens armés. Quand je les reçus, ils m’apprirent que le grand jour du serment approchait, et que les chefs et les peuples désiraient que je les joignisse ; c’était pour cela qu’ils avaient envoyé ces détachements qui devaient me servir de cortège. Pour me conformer à leurs désirs, je quittai l’habit français, je pris celui d’un indien, et je me mis en route. Il me fallut passer à travers une longue haie des naturels, qui jetaient de grands cris en invoquant Zahanhar. Mes amis, les officiers de mes troupes et toute la colonie me suivirent. Arrivé au camp, je fus reçu par tous les chefs et conduit à la tente qui m’était destinée, avec six autres pour mes gens. Je fis amener dans mon camp six canons de quatre livres de balles, qui furent placés devant ma tente, et deux cents hommes furent commandés pour ma garde de chaque jour.

Les 7, 8 et 9 furent employés à mettre sous les yeux de l’assemblée mes propositions pour l’établissement d’un gouvernement permanent. Enfin, le 10 arriva, et je fus effrayé par une triple décharge de canons. À six heures du matin, le chef Raffangour avec six autres, tous habillés de blanc, vinrent se jeter à mes pieds, et demandèrent la permission de me parler. Je les reçus dans ma tente, habillé de blanc comme eux. Le discours de Raffangour exprima les témoignages de confiance avec lesquels la nation Madécasse m’avait investi du pouvoir suprême, et les avantages qu’elle espérait retirer de mes talents et de mes services.

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