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Maurice Auguste Benyowsky

Mémoire concernant l’expédition à Madagascar (94)

«Mon dessein est de t’instruire de nos intérêts, de t’exposer les avantages du commerce et d’un gouvernement bien établi, et d’éclairer tes pas dans le chemin qui conduit au bonheur. Si tu es résolu à t’unir à nos communs intérêts, prête serment de fidélité à notre association, et reçois des ordres de ma bouche.»
À peine avais-je fini de parler, que le chef demanda à prêter le serment de fidélité, s’obligeant à payer à l’établissement le même tribut que les Seclaves avaient jusqu’alors exigé de lui, et offrant mille combattants de sa nation pour être à mes ordres. Sur cette déclaration, je procédai à la cérémonie du serment, qui se fit avec toute la dignité possible. À peine était-elle achevée, que Rozai, chef des Seclaves, qui était venu avec Cunifaloues, m’adressa la parole en ces termes : « Je suis Rozai, prince infortuné de Boyana. Cherchant parmi des étrangers un secours contre l’injustice de l’usurpateur de mon trône, qui, non content de m’avoir dépouillé de mon royaume, retient mes femmes et mes enfants dans l’esclavage, je me jette à tes genoux pour implorer ta protection. On dit de toi que tu aimes à être appelé le père des malheureux, ne rejette donc point les prières d’un prince qui implore ton assistance. Pour garant de mon dévouement, reçois mes serments, et dès aujourd’hui compte-moi au nombre de tes plus fidèles amis. »
Je fis la réponse suivante : « J’accorde au prince Rozai, qui réclame la protection de l’établissement et celle des nations alliées, le constant et éternel secours de nos armes ; et je le fais avec d’autant plus de plaisir, que ses infortunes plaident en sa faveur ; c’est un titre qui doit de tout temps trouver de l’appui contre l’injustice et l’oppression. Le prince Rozai peut s’assurer de notre protection par un serment. »
Après avoir ainsi satisfait à la demande de ce chef infortuné, je lui adressai de nouveau la parole, ainsi qu’à Cunifaloues ; je les engageai à bien réfléchir sur ce qu’ils avaient fait en s’unissant par serment aux intérêts de l’établissement, sur la protection duquel ils pouvaient compter aussi longtemps qu’ils resteraient fidèles à leurs engagements ; mais que s’ils étaient capables d’enfreindre jamais leur parole, je ne répondais pas des suites terribles qui pourraient en résulter pour eux, pour leurs familles et leurs sujets.

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