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Maurice Auguste Benyowsky

Mémoire concernant l’expédition à Madagascar (93)

 

Un courrier arrivé de Foul-Point m’apporte l’heureuse nouvelle qu’Hyavi a témoigné le plus sincère repentir d’avoir contracté alliance avec les Seclaves, et que, pour réparer ses fautes, il a fait partir douze cents hommes à mon secours.

Le chef Cunifaloues arriva enfin le 6 ; j’ordonnai pour le 8 une assemblée à laquelle j’invitai les chefs des Sambarives, des Saphirobay, des Antambours, des Antavacas et des Antavalisbey. Quand tous les membres qui devaient la composer furent réunis, Cunifaloues m’adressa la parole en ces termes. (J’écris mot pour mot le discours des noirs, afin que ceux qui me succéderont puissent être familiarisés avec leurs expressions.) « Moi, Cunifaloues, chef infortuné de la noble race de Santianak, soumis aux Seclaves par les lois de la guerre, viens rendre ce que je dois au grand guerrier et grand chef des hommes blancs, dont le nom être béni et les armes soutenues par la puissance de Dieu. Assuré que les bruits qui étaient répandus de la guerre que les Seclaves se préparaient à te faire étaient vrais, je me suis empressé de t’offrir mes armes avec celles de mes sujets. Dispose de nos biens à ton gré : ta volonté sera toujours la mienne et celle de mes enfants. Daigne recevoir nos serments pour être sûr que Cunifaloues ne reconnaît d’autre maître que toi. »

Cette harangue fut suivie de cris de joie multipliés de la part des hommes qui accompagnaient le chef, et dont le nombre montait à trois cents combattants. Quand le silence fut rétabli, je fis la réponse suivante : « Ta réputation, mon ami, et tes infortunes t’ont depuis longtemps assuré de ma protection. Je n’ignore point la justice de tes prétentions, et la vengeance méritée que tu médites contre l’usurpateur des Seclaves : sois convaincu que mes armes soutiendront les tiennes. Quant à l’offre de la dépendance que tu me fais, sache qu’il est contraire à mes principes de réduire les braves nations de Madagascar à la servitude. Je ne demande pour moi que ton amitié ; mais je demande ton attachement à l’union qui existe aujourd’hui entre les nations dont les députés sont ici assemblés. »

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