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Maurice Auguste Benyowsky

Mémoire concernant l’expédition à Madagascar (92)

 

La facilité que le roi des Seclaves trouve dans le commerce avec les Arabes, et celle qu’il a eue jusqu’ici d’obtenir des armes, de la poudre à canon et de l’eau-de-vie des vaisseaux particuliers qui abordent à Madagascar, et ce qu’il tire des tributs que lui payent différentes provinces de la côte orientale, tous ces motifs lui font détester l’établissement d’un commerce direct avec les Français. Peut-être aussi les Arabes, jaloux de notre commerce rival, lui ont-ils inspiré des sentiments contraires à nos intérêts. Mais comme, depuis mon arrivée, toutes les provinces de la côte orientale ont secoué le joug, et qu’elles ne leur achètent plus ni armes ni munitions de guerre, les Seclaves ne peuvent manquer de succomber bientôt.

Le pays des Seclaves jouit d’un air très salubre. Il est aplati, couvert de peu de bois, et est baigné par un grand nombre de belles rivières ; on y rencontre partout des plaines immenses, habitées par des milliers de bœufs sauvages qui appartiennent à tous ceux qui peuvent s’en saisir. Le roi des Seclaves pourrait lever une armée de trente mille hommes, s’il possédait l’amour de ses sujets ; mais à la moindre apparence de guerre, ils ont coutume de s’enfuir dans les montagnes vers la côte orientale. De ces émigrations plusieurs nations se sont formées. Depuis mon arrivée dans cette île, j’ai toujours entretenu des détachements dans le pays des Seclaves ou sur ses frontières, et ils n’ont essuyé aucune des maladies qui sont communes près de la côte maritime de l’est. Aussi suis-je bien convaincu que la côte occidentale serait plus favorable aux européens. Un tel avantage, joint à la possession de plusieurs havres excellents qui établiraient une communication avec la côte d’Afrique, favoriserait puissamment les vues et les opérations d’un gouverneur établi en cet endroit pour protéger la contrée. C’est pour cette raison qu’il est de la plus grande importance d’engager toute la côte dans nos intérêts contre les Seclaves. Une occasion favorable s’en présente d’elle-même ; car le roi des Seclaves ayant déclaré la guerre à l’établissement et à ses alliés, on n’est plus tenu de se borner à la défensive. Malheureusement l’extrême affaiblissement de mes troupes met des entraves à mes projets et à mon ardeur.

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