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 Chronique : réconciliation nationale

Hier, L’Express de Madagascar titrait : « 14 ocotbre 1958-14 octobre 2020 ». La coquille à la une du quotidien illustre sans le vouloir notre rapport complexe à une date mal connue. La veille, une stèle était érigée au cœur de la capitale pour honorer la mémoire d’Albert Zafy, président  de la Troisième République et ardent défenseur de la réconciliation nationale. Comme chaque fois qu’on célèbre d’une manière ou d’une autre l’unité de la nation, tous, de quelque bord qu’on se trouve, nous nous sentons tenus de communier sous la bannière d’un mot phare, le fihavanana. Si l’on se réfère au collectif Voankazoanala, le fihavanana «n’a jamais dépassé les frontières des relations interpersonnelles et marchandes dans la limite de groupes restreints ». Les auteurs du « Fihavanana, en quête de renouveau », rappellent que le roi Andrianampoinimerina affirmait il y a plus de deux siècles, que les liens de parenté n’ont pas à interférer avec les affaires du royaume : « Tsy hananako havana ny raharaham-panjakana ». Pourtant, alors que nous en sommes à notre quatrième république, nous nous appuyons sur le fihavanana pour résoudre des conflits qui dépassent largement le cercle des « personnes qui ont l’obligation de se respecter et de se rendre service en toutes circonstances ».

Hier, 14 octobre, j’ai encore entendu comme la semaine dernière et comme la semaine d’avant, que

le 14 octobre, on fêtera les 60 ans de notre indépendance. Et ceux qui en sont persuadés ne sont pas  tous nés au XXIème siècle.

Pour ma part, je fais partie de ces Malgaches qui ont grandi sans avoir fêté un seul 14 octobre. Et je ne l’ai jamais confondu avec le 26 juin. En revanche, j’avoue n’avoir pas bien compris comment le fihavanana doit nous réconcilier. Nous nous sommes fait la guerre, nous avons fait des razzias, nous avons réduit des captifs en esclavage, nous avons participé à la traite. Je ne me souviens pas l’avoir lu dans un manuel d’histoire de collège ou de lycée. Il faut dire que nous n’avons pas manuel de d’histoire.  S’il faut se réconcilier, réconcilions-nous avec notre passé.

 

Kemba Ranavela

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