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Maurice Auguste Benyowsky

Mémoire concernant l’expédition à Madagascar (91)

 

Ainsi j’avais lieu de croire que le motif de son voyage était de secouer le joug des Seclaves par le secours de l’établissement. Ce prince, en se joignant à moi, pouvait affaiblir considérablement le parti des Seclaves, parce que son exemple en entraînerait d’autres. Rozai, chef des Seclaves, qui venait avec lui, était de la famille régnante. Le père du roi actuel a usurpé la couronne, après s’être rendu maître du pays, à la faveur d’une révolte de tous les habitants, et avoir, sans pitié, réduit l’ancienne famille royale à la servitude. J’étais sûr que Rozai avait un grand nombre de partisans parmi ceux de sa nation, qui, s’ils le savaient à la tête de quelques forces, se réuniraient à son parti. Toutes ces circonstances me faisaient espérer de pouvoir, cette année, tirer de grands avantages d’une campagne, et j’aurais pu sans doute frapper un grand coup, si les secours étaient arrivés. Comme la guerre que je suis sur le point de décrire est en relation avec le pays des Seclaves, il peut être approprié de donner un petit aperçu de ce royaume et de cette nation.

Un aperçu du royaume des Seclaves, appelé Boyana

Mars 1776. Le royaume des Seclaves s’étend de la baie de Mahasseli, sur la côte occidentale de Madagascar, entre 40° 20’ et 42° de longitude de Paris, et 14° et 16° de latitude sud, sur la même côte occidentale de l’île. Il ne doit pas être confondu avec l’ancien pays des Seclaves, qui se prolonge au-delà vers le Sud, et ne dépend plus du même Prince. L’autorité du roi, tel est son titre immémorial, est absolue et despotique ; tous ses sujets sont ses esclaves, et les chefs qui gouvernent les différentes provinces sont nommés par lui. Leurs propriétés et leurs vies sont entre ses mains. Il a toujours sur pied une armée de trois mille hommes. Sa puissance, dont il abuse souvent, le rend formidable à son malheureux peuple, qui le hait mortellement.

Les Arabes des îles Johanna, Comoro et Mayotto avaient établi à Maronvai, capitale des Seclaves, un comptoir garni en tout temps d’effets et de marchandises, consistant en toiles de Surate, peignes, bracelets d’argent, boucles d’or, rasoirs, canifs, chapelets de verre, etc., qu’ils échangent avec des fourrures, de l’encens, du benjoin, de l’ambre, de la cire, et diverses sortes de bois.

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