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Maurice Auguste Benyowsky

Mémoire concernant l’expédition à Madagascar (90)

 

Mes officiers, instruits par les naturels de l’approche des Seclaves, et voyant l’état d’affaiblissement des troupes, étaient plongés dans la consternation ; à juger par ma tranquillité apparente au milieu de cette position critique, ils imaginaient que je n’étais pas instruit des mouvements des ennemis.

Depuis le 17 jusqu’au 23, je fis couper tous les arbres qui se trouvaient dans les environs du fort Louis, afin de découvrir plus facilement l’approche des ennemis ; je m’occupai surtout de faire des balles de fusil, des fusées volantes, et des lances de feu, pour empêcher l’ennemi de nous harceler.

Le 23, les chefs des provinces d’Antivarai et d’Angontzi vinrent m’offrir cinq cents hommes de guerre. Cette offre ranima un peu mon courage, et je commençai à recueillir mes forces contre les malheurs qui menaçaient l’établissement. La mauvaise saison était passée en grande partie, et nos malades n’étaient pas en aussi grand nombre que je l’avais craint.

Des envoyés de Lambonin, roi du nord, arrivèrent et demandèrent une conférence. Ils déclarèrent, de la part du prince, qu’il était prêt à entrer en campagne et à attaquer les Seclaves, et qu’il n’attendait pour cela que mes ordres. Ce chef désirait établir solidement un commerce avec les blancs, afin de s’assurer leur protection, qui lui était nécessaire contre les Seclaves, et de conserver son autorité. Cette alliance ne pouvait manquer d’être infiniment avantageuse à l’établissement.

Le 2 mars, j’appris l’arrivée d’envoyés de Cunifaloues, qui m’annoncèrent l’approche de ce chef, accompagné de Rozai, cousin du roi des Seclaves, qui avait été chassé de son pays, et qui, sans doute, voulait profiter des circonstances pour se venger. Après avoir donné toutes sortes de marques d’amitié aux envoyés de Cunifaloues, j’envoyai plusieurs espions au-devant de lui, afin d’observer sa conduite, et de prévenir toute surprise.

Cunifaloues, maître de la province de Santianak, avait été pendant dix-huit ans tributaire des Seclaves, qui souvent avaient ravagé son territoire, sous le spécieux prétexte de recueillir le tribut.

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