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Maurice Auguste Benyowsky

Mémoire concernant l’expédition à Madagascar (87)

 

Le 11 janvier 1776, le Coureur, que j’avais envoyé à l’île de Mozambique, arriva. Le capitaine m’apprit qu’il avait été obligé de mouiller à l’Isle de France, et qu’il n’avait pu acheter que très peu d’esclaves. Ce rapport m’étonna d’autant plus que les marchandises que je lui avais confiées étaient en très grand nombre. En conséquence, j’envoyai une personne de confiance à bord, afin de savoir des officiers et de l’équipage quelles étaient les acquisitions faites à Mozambique ; je me rendis moi-même à bord pour assister à la perquisition. J’appris que le capitaine avait acheté quarante-deux nègres à l’Isle de France, et qu’ils étaient le produit de la cargaison et du riz. En conséquence, je le fis mettre aux arrêts sur son bord. Il avait amené de l’Isle de France trois hommes, dont l’un se disait tailleur, l’autre tourneur, et le troisième écrivain. Ils étaient tous trois malades, et avaient été tirés de l’hôpital, sans doute pour augmenter le nombre des morts à Madagascar.

Le 12, je reçus avis que le RohandriatCunifaloues était en chemin pour venir se mettre sous la protection de l’établissement, afin de résister aux Seclaves, qui lui faisaient des menaces, et dont plusieurs détachements avaient déjà mis le feu à tous les villages qui se trouvaient sur nos frontières.

Le 13, deux chefs Sambarives, qui étaient très attachés à ma personne, m’apprirent que le roi des Seclaves avait envoyé secrètement des courriers à Hyavi, roi et chef de Foul-Point, pour l’engager à agir contre les intérêts de l’établissement, et qu’Hyavi avait tenu à ce sujet une conférence, dans laquelle les envoyés des Seclaves lui avaient proposé de le soutenir dans la souveraineté sur toute la côte de l’est, à condition qu’il déclarerait la guerre à l’établissement ; mais qu’Hyavi n’avait pu consentir à faire la guerre aux blancs ; parce que, selon lui, il était impossible au roi de résister aux Français, dont les sorciers étaient plus forts que ceux des noirs ; que d’ailleurs le baron, qui était astrologue, n’ignorait rien de ce que l’on méditait contre lui ; et que pour lui, s’étant engagé par serment d’être fidèle à l’établissement, il n’oserait jamais tenter rien contre lui, parce qu’il était sûr de mourir à l’instant, s’il venait à rompre son serment.

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