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Chronique : discrimination positive ?

Nous appartenons officiellement à la grande famille des pays dans lesquels le français est pratiqué en tant que langue maternelle, officielle ou véhiculaire. Pour autant, sommes-nous francophones ? Dans nos expérimentations politiques, nous avons voulu rendre à la France ce qui lui appartenait, et d’abord sa langue nationale. Aujourd’hui, le français est en perte de vitesse, c’est une langue étrangère pour la très grande majorité d’entre nous. En cherchant bien, nous avons tous un grand-père ou un vieux cousin capable de réciter quelques vers d’un poème en français. Il le fera probablement avec plaisir et sans amertume. Mais dans la rue, on ne parle plus la langue de la France avec autant de fierté, loin s’en faut, parce que nous traînons avec ce pays un contentieux émotionnel profondément inscrit en nous. Il est malvenu d’afficher son aisance dans une langue qu’on n’entend plus que dans des cercles privilégiés. C’est montrer que sur l’échelle sociale, on est un cran au-dessus des autres. Maîtriser cette langue étrangère est un critère d’identification sociale plus déterminant et plus cruel que tous les documents officiels.

Au CEPE, au BEPC et au baccalauréat, l’épreuve de français est obligatoire. Rien de surprenant dans un pays où le français est l’une des deux langues officielles. Ce qui l’est plus, c’est qu’il existe deux sujets de français, notamment au BEPC : l’un pour les candidats nationaux, l’autre pour les candidats étrangers. On aurait pu concevoir un sujet pour les francophones et un sujet pour les non francophones. On aurait même pu imaginer un sujet pour ceux dont le français est la langue maternelle. On a préféré considérer que tous les candidats étrangers parlent le français, et qu’ils ont tous un niveau de français supérieur au niveau des candidats nationaux. On a préféré considérer que les candidats nationaux sont égaux devant la langue française, oubliant qu’il y a environ 6% de locuteurs du français dans le pays.

A l’aune de nos sujets d’examens, il est temps de se demander comment nous voulons être francophones.

 

Kemba Ranavela

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