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Mercredi des idées en goguette

La faim justifie les moyens ?

 

Les images saisissantes, voire poignantes d’enfants et de parents qui n’ont que la peau sur les os, les yeux exorbités, les joues creuses et le teint blafard, pouvant à peine se tenir debout, ont de nouveau fait le tour des réseaux sociaux et des journaux télévisés. C’est que le «kere» a encore frappé dans le Sud de la Grande île. Une fois de plus… peut-être une fois de trop…

Ce genre d’événement tragique arrive en effet régulièrement depuis de nombreuses décennies et, le changement climatique aidant, il a tendance à devenir de plus en plus fréquent ces dernières années. Comme une fatalité.

Milieux rural et urbain

D’ailleurs, la faim a fait tant et si bien qu’elle a relégué le coronavirus au second plan des préoccupations dans cette partie de l’île, tout comme elle l’a fait dans les milieux urbains. On se souviendra notamment qu’au temps fort de la crise sanitaire, et alors que le nombre de nouveaux cas augmentait encore de manière exponentielle, certains ont fait le choix de tenter leur chance avec le virus plutôt que de ne pas manger. Cela signifiait notamment faire fi de la mesure de confinement pour continuer les activités professionnelles. Il n’y avait également qu’à voir les attroupements monstres qui se sont formés pendant les séances de distribution des aides d’urgence sociale, au mépris, dans la plupart des cas, des règles de sécurité sanitaire. Ou encore le genre de publications polluant littéralement les réseaux sociaux, prétendument venant de superstars du sport, de talk-shows ou d’acteurs américains, et consistant à taper son initiale ou à partager allègrement le post pour espérer voir les dollars pleuvoir par la suite. Et pour qu’elles soient si invasives, beaucoup d’utilisateurs de Facebook y croient.

Cela traduit à peu près l’état d’esprit dans lequel beaucoup se trouvent, à attendre parfois qu’une manne tombe miraculeusement du ciel. C’est dire également combien dans la hiérarchie des besoins, celui de se nourrir se révèle plus qu’essentiel.

Espoir et inaction

Pour le Sud, il ne suffit pas de croiser les doigts et d’espérer que les conditions climatiques soient plus clémentes. Il semblerait pourtant que ce soit malheureusement le cas depuis toujours et que la pénurie d’actions durables, voire radicales, ait laissé la population à la merci des aléas.

A en croire l’actuel chef de l’Etat, des études ont été initiées il y a des années. Mais il n’y a pas eu grand-chose de fait, si ce n’est, chaque fois, quelques aides d’urgence apportées aux victimes… en attendant qu’une nouvelle crise survienne.

Les larmes d’une ministre de la Population qui avait pris part en février 2016 à une «Concertation nationale» destinée à mettre au point des solutions durables à ces problèmes de sécheresse et de famine dans le Sud, n’y auront rien changé même si elles avaient fait couler beaucoup d’encre à l’époque. De même que la vingtaine de mesures adoptées pour l’occasion, restées au stade des déclarations d’intention. De la réhabilitation de quelques routes nationales à la promotion de systèmes de micro-irrigation et d’adduction d’eau, en passant par la construction de pipelines…

Cimetière vs mine de projets

L’expression «Le Sud du pays est un cimetière de projets» a été maintes fois sortie. Mais il devrait en être autrement, particulièrement lorsqu’on sait qu’un certain nombre d’initiatives privées, en l’occurrence dans le domaine minier, y ont vu le jour. Et sans entrer dans le bien-fondé ou les critiques touchant ces projets, force est de constater qu’ils ont réussi à s’implanter et à tourner, ne serait-ce que pendant quelques années.

Sans doute est-ce une question de volonté politique, d’état d’esprit. Dans tous les cas, celui dont fait preuve l’actuel régime s’avère prometteur. Si d’autres ont fait de la prise en main de la situation dans le Sud un engagement – peu ou pas du tout tenu au final – celui-ci en a fait un défi et il lui reste encore quelques années pour le relever. D’ailleurs, des travaux à l’accent durable ont déjà commencé avec, notamment, quelques infrastructures sociales inaugurées, une réhabilitation routière en cours…

Le soleil se lèvera forcément dans le Sud un jour ou l’autre et balaiera, entre autres, d’un revers de la main toutes ces difficultés liées à l’alimentation. Pourvu qu’on y mette les moyens.

N.R.

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